Interview de Charlotte W., Alex P. et Victor P. : fondateurs de « La Bacchanale ».
Pour cette dernière parution, j’ai décidé de vous présenter le projet de trois étudiants du BAA : réussir à créer un évènement festif, comme jamais fait auparavant au sein du campus, rentable, permettant de financer des associations ou des projets humanitaires. En effet, une des grandes questions qui se pose pour les ONG est : comment atteindre des personnes peu touchées ou peu préoccupées par les causes humanitaires? Séduit par le projet, je vous le fais partager.
Quel est votre projet?
Notre projet repose sur un concept, celui de « La Bacchanale ». C’est le nom que nous avons donné à une soirée que nous souhaiterions organiser deux fois par session. Ce nom définissait les fêtes antiques consacrées à Dionysos. Le mot est aujourd’hui synonyme d’excès, sous le sens festif du terme. L’idée est de mettre en place une soirée étudiante unique favorisant au maximum l’amusement et les festivités. Notre but est de recréer pour un soir, et à moindres frais, l’expérience d’un festival. Notre concept repose sur quatre piliers : un open-bar, un effort de recherche pour une salle « particulière », une musique underground et des tubes fluorescents avec lesquels les invités peuvent se maquiller. Quatre ingrédients qui, selon nous, nous permettront de mettre en place une soirée étudiante unique!
Quel rapport avec l’humanitaire?
Notre projet repose sur deux motivations : premièrement, permettre d’élargir la base de financement d’associations humanitaires ou culturelles, si possible étudiantes. Pour cela, il faut organiser des évènements allant directement vers les attentes du plus grand nombre. C’est assez naturellement que l’idée d’une soirée régulière nous est venue. La seconde motivation est de créer un concept de soirées étudiantes à succès et différentes de celles proposées jusqu’à présent. Ainsi, avec « La Bacchanale » les étudiants feront la fête et soutiendront des projets en même temps.
Comment l’idée est-elle née?
L’idée est née de notre envie d’organiser un party pour nos anniversaires respectifs. Puis, inspirés par les soirées berlinoises et d’Europe de l’Est, et avec l’engouement de notre groupe d’amis, nous avons commencé à penser à différents moyens de rendre la soirée différente, mais surtout unique. En effet, nous voulions avant tout créer la soirée selon nous « parfaite ». Nous avons donc décidé de tester notre concept et d’observer son accueil le mois dernier dans le but de l’utiliser plus tard à des fins de financements de projets humanitaires ou culturels.
Dans votre définition de soirée, nous sommes très loin des supposées valeurs d’une association humanitaire, n’y a-t-il pas un risque d’associer les deux?
Tout d’abord, nous ne pensons pas que ce type de soirée nuira à l’image d’une association, bien au contraire! Comme dit précédemment, si le concept fonctionne et prend de l’ampleur, alors un évènement festif est le meilleur moyen de toucher de nouveaux types d’étudiants. D’un autre côté, cette union avec un organisme est à la base même de la mise en place de notre projet. Le fait est que l’association partenaire nous permet d’avoir accès à plus de liquidités et donc de pouvoir prendre une plus grande part de risque, ainsi que de toucher un bassin de population plus important via sa propre activité. En retour, nous leur offrons une visibilité, une image jeune et nous nous occupons de l’organisation. Nous organisons une soirée rentable, et les profits sont pour l’association partenaire. C’est notre moyen de donner tout en effectuant « un hobby » et une envie.
Quels sont vos futurs projets?
Dans l’esprit de ce que l’on vous a expliqué auparavant, nous organisons fin avril « La Bacchanale II » en partenariat avec l’association A.I.M.E que vous connaissez peut-être déjà. Elle met en place des projets humanitaires dans différents pays. Nous avons mis en place l’accord expliqué ci-dessus. Cette soirée représente pour nous réellement le lancement du concept, un mois après le test de « la Bacchanale I ». Après 160 personnes la première fois, nous visons entre 225 et 500 personnes cette fois-ci. Les suivantes seront pour l’année prochaine, et, on l’espère, au profit de nouvelles associations.
Quelle est la clientèle visée?
La clientèle visée est bien entendu les étudiants, plus particulièrement ceux du campus UdeM. On aimerait faire en sorte que ce concept de soirée devienne populaire et ainsi développer le financement des ONG partenaires via une clientèle souvent non atteinte.
