Campus International Brésil 2012
« L’expérience de ma vie dans un cadre paradisiaque. » – Marion.
Vingt heures de voyage. Poser enfin le pied au Brésil et découvrir, pendant deux semaines étonnantes, que chacun d’entre nous peut faire la différence, avoir l’idée qui changera les choses, que ce soit pour une seule personne ou un millier.
C’est ce qu’ont eu la chance de vivre cette année vingt étudiants d’HEC Montréal. Durant un séjour en deux phases, ils ont eu l’opportunité de faire connaissance avec un pays en pleine croissance économique et de découvrir ses inégalités.
La destination, en elle-même, n’a rien d’habituel. « Nous avons choisi le Nord Est du Brésil parce qu’il s’agit d’une région très riche culturellement, avec un grand héritage amérindien, mais qui présente aussi tous les problèmes liés à une région en développement. », témoignent Marlei Pozzebon et Luciano Barin-Cruz, superviseurs du campus. « Au Ceara, les services de base d’une société plus développée – notamment l’accès à l’éducation et à la santé, la protection en cas de chômage, ainsi que la protection des femmes, des enfants, des personnes âgées – sont précaires. Il y a beaucoup à faire pour améliorer les conditions de vie et l’inclusion sociale. »
La première semaine à Fortaleza constitue une découverte du milieu des affaires brésilien et de l’idée de « social business ». Les visites d’entreprises succèdent à celles d’universités. Elles aiguisent la compréhension du concept qui veut favoriser l’inclusion sociale pour sortir la population de la pauvreté. La sixième puissance économique mondiale semble pleine de surprises, de créativité, d’optimisme, et surtout d’opportunités d’affaires.
De tous les projets audacieux approchés, Ecoelce est sans doute le plus marquant des cinq premiers jours du campus. Il permet à une tranche pauvre de la population d’accéder à l’électricité à l’aide de rabais sur la facture en fonction de la quantité de déchets recyclables apportés à leurs bornes (http://www.coelce.com.br/coelcesociedade/programas-e-projetos/ecoelce.aspx).
L’objectif du voyage est clair et très présent : « Notre approche pédagogique est inspirée de l’idée du « service-apprentissage », c’est-à-dire que nous tentons d’amener nos étudiants à vivre une vraie expérience communautaire en même temps qu’ils apprennent à mettre leurs compétences en gestion au service d’un projet social. Le produit final de leur travail – un plan d’affaires social – rend un vrai service à la communauté où ils sont en immersion. ». Ce travail débute durant la deuxième semaine dans un petit village touristique de 2000 habitants : Jericoacoara, niché au creux des dunes, où les étudiants
s’organisent en équipe pour mettre leurs connaissances à disposition des locaux.
« Le Campus International permet de sortir de sa zone de confort. On est dans un environnement qu’on ne connait pas, avec une équipe qu’on ne connait pas. Et malgré cela, on arrive à faire quelque chose qui a du sens. » – Nadine.
Le trajet jusqu’à Jericoacoara pourrait constituer à lui tout seul une petite aventure. Quelques instants d’émerveillement devant les dunes de sable qui entourent le village et voilà tout le monde parti à la découverte de « Jeri ». Le décor tranche avec celui de Fortaleza, ses buildings et ses murs surmontés de fils barbelés. C’est aussi ici que commence la partie la plus intense du voyage. En effet, Campus International Brésil implique que les étudiants montent un plan d’affaires en accord avec la communauté.
« Nous avons vu la difficulté de l’inclusion sociale dans un contexte réel. » – Laurence.
Cette année, les projets tournaient autour du tourisme communautaire, des promenades équestres et de l’artisanat local. Durant une semaine, chacun s’est engagé pour trouver des solutions qui pourraient améliorer l’existence des habitants de Jericoacoara. Comprendre le contexte et les enjeux qui entourent le mode de vie local ainsi que la difficulté de l’inclusion sociale est un vrai défi qui remet en question notre façon de penser et de réagir. Il est très difficile de mener un projet en une semaine mais l’expérience reste marquante, et l’attachement à la communauté réel.
Les professeurs en tirent un bilan très positif : « Les étudiants se sont vraiment impliqués avec trois projets de nature sociale – l’inclusion sociale via l’éco-tourisme – et même si les plans d’affaires finaux ne seront prêts que dans quelques semaines – le processus d’apprentissage des étudiants a été très intense et les membres de la communauté locale sont enthousiastes au regard des projets proposés par les étudiants. Une chose qui m’a marquée et qui me marquera toujours dans ce type de campus, c’est la rapide transformation par laquelle passent les étudiants au fur et à mesure qu’ils découvrent les difficultés contextuelles et institutionnelles des régions en voie de développement, les barrières et le manque de ressources, et en même temps l’endurance des habitants locaux pour survivre. La courbe d’apprentissage est très rapide, et nous percevons que les étudiants mobilisent leurs connaissances, compétences et créativité d’une façon beaucoup plus rapide et empathique que dans une salle de cours ».
