TW: Une femme sur trois a subi au moins une fois des violences physiques et/ou sexuelles.

Elle s’appelait Malika, Nadège, Rim, Fatima, Svetlana ou peut-être Marie. C’était une mère, une sœur, une enseignante ou une policière. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’une femme, parmi d’autres, une statistique : l’une des 15 millions d’adolescentes entre 15 et 19 ans ayant été soumises à des rapports sexuels forcés à un moment de leur vie ou l’une des 50.000 femmes ayant été tuées dans le monde par un partenaire intime ou un membre de leur famille en 2017 (source : ONU FEMMES).

Des violences avec un grand S

Les violences faites aux femmes et aux filles sont une palette de violences physiques, psychologiques, économiques, administratives, verbales subies ponctuellement ou continuellement partout dans le monde par des femmes et filles. Il existe plusieurs types de violences qui s’étendent sur un LARGE SPECTRE allant de la micro-agression au féminicide :

  • La violence d’un partenaire intime : à l’origine de 3 féminicides sur 5.
  • Le trafic d’êtres humains : 72% des victimes de trafic humains sont des femmes .
  • Les mutilations génitales féminines :  au moins 200 millions de filles et femmes âgées de 15 à 49 ans originaires de 31 pays de PARTOUT dans le monde, ont subi une mutilation génitale féminine.
  • Les mariages d’enfants : 650 millions de femmes en vie aujourd’hui ayant été mariées avant l’âge de 18 ans.

Source : ONU FEMMES

Quel que soit sa nature, une violence reste gravée à l’encre indélébile dans la chair et l’esprit de la victime. Bien que les histoires soient différentes, il n’y en a pas de moins graves. Néanmoins, pour les besoins de cet article, nous devrons nous limiter à aborder la question du viol.

Focus : le viol

Il s’agit d’une pénétration anale, vaginale ou orale de nature sexuelle non consentie. C’est une forme de violence sexuelle (tout acte sexuel avec ou sans contact physique commis contre la volonté d’une autre personne qui n’a pas donné son consentement ou qui n’est pas en âge de consentir). Il s’agit autant d’un acte de violence que de domination dont les conséquences physiques et psychologiques sur une victime la marque à vie.

Les viols sont commis dans le cadre de mariage, de relations et sont beaucoup utilisés comme armes de guerre dans les conflits armés (des centaines de milliers de femmes allemandes ont été violées par les troupes françaises et britanniques à la fin de la seconde guerre mondiale | durant le génocide au Congo plus de 400.000 femmes et enfants ont été sexuellement agressées ou mutilées (Wikipédia)).

Un phénomène d’actualité méconnu

Aujourd’hui le sujet est largement médiatisé et relayé sur les réseaux sociaux à travers des hashtags comme #metoo ou #balancetonporc et grâce à l’action féministe. Les féministes, ont, entre autres, aidé à vulgariser la notion de consentement et ont permis à des milliers de femmes de libérer la parole autour de ce sujet. Et si aujourd’hui les informations, études et avancées foisonnent c’est toujours grâce à elles. En effet, c’est en faisant la remarque qu’il y avait peu d’informations sur le sujet que des féministes étasuniennes ont décidé de changer cela dans les années 1970.

Et bien que les cas de violences soient de plus en plus médiatisés, nous vivons toujours une ère de méconnaissance du phénomène. En effet, croire qu’une femme aurait pu éviter d’être agressée si elle s’était comportée « correctement », si elle s’était habillée d’une certaine façon, que les hommes auraient des pulsions incontrôlables ou encore que ce n’est irrécusable que si l’agresseur est inconnu de la victime sont des mythes et des idées reçues qui persistent dans toutes les sphères de la société.

La culture du viol

Les chiffres en matière de viols (et même de violences faites aux femmes) restent sous-estimés car la plupart des femmes ne dénoncent pas leurs agresseurs. Failles judiciaires, culture, traditions, la société elle-même empêche les femmes de libérer la parole. Toute cette atmosphère favorise la culture du viol qui est un ensemble de comportements qui tendent à encourager le viol (et tous les types d’agression) tels que la négation du consentement, le mythe du vrai viol (alors que 86.3 % des victimes de viols connaissent leurs agresseurs) ou encore le victim-blaming (on accuse une victime d’être la cause de son agression).

Projet : «la culture m’étouffe» disponible sur la page instagram Libérerlaparole
Photographe : polahandroid | Concept : kihannamari

Le Canada : entre avancées et tragédies

Le Canada est l’un des pays les plus reconnus pour l’efficacité de sa politique en matière de lutte contre les violences faites aux femmes et les violences sexuelles en général. La loi canadienne bien qu’elle ne fasse pas mention du terme viol dans ses textes, accorde une place centrale au consentement dans les cas de violences sexuelles. Pourtant, selon le magazine l’Actualité, seules 3 plaintes pour agressions sexuelles sur 1000 se soldent par une condamnation en 2014. Sur un tout autre ton, l’adoption de la loi 92 l’année passée est un message fort des autorités canadiennes envers les victimes de violence et les agresseurs. Le projet de loi comprend principalement l’établissement d’un tribunal spécialisé en matière de violences conjugale et sexuelle. Ce projet est une première en son genre.

Les violences faites aux femmes et aux filles sont un fléau d’ampleur mondiale qui existe depuis la nuit des temps. Même si des solutions sont mises en place, le poids de la société, l’incapacité des pays à appliquer les lois visant à aider les femmes et même la pandémie de la COVID-19 sont un frein considérable ; tant et si bien que l’idée d’un monde sans violences faites aux femmes parait utopique.

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