Un retour sur le Sommet étudiant du commerce durable

Si tu as manqué le Sommet sur le commerce durable du 24 janvier dernier, permets-moi de te faire un résumé de deux conférences très intéressantes auxquelles j’ai participées!

Le Sommet sur le commerce durable qui s’était déroulé le vendredi 24 janvier au Théâtre Saint-James, soit l’un des plus prestigieux espaces événementiels de Montréal, offrait une grande variété de conférences sur des thématiques telles que l’intelligence artificielle (IA), les monnaies alternatives et numériques, le futur des finances ou encore les idées économiques renouvelées. J’ai d’ailleurs couvert les sujets de l’IA et des monnaies, soit des domaines où le rêve et la réalité se rapprochent plus vite que nous pouvons le croire.

Partie 1 : l’éthique dans l’IA

D’une part, la conférence L’éthique dans l’IA était présentée par quatre intervenants : David Beauchemin, Directeur Régional chez Google; Guillaume Chicoisne, conseiller scientifique chez IVADO; Renjie Butalidet, directeur adjoint au Centre Dobson d’entrepreneuriat de l’Université McGill; Allison Marchildon, professeure à l’Université de Sherbrooke et animatrice de la conférence.

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L’idée centrale de départ était de définir ce secteur technologique. Ainsi, le consensus était que l’intelligence artificielle est tout système technologique nécessitant des données et une intelligence « humaine » afin de résoudre des enjeux complexes. À titre d’exemple, l’IA a le potentiel d’être très utile pour participer à la résolution des changements climatiques. Toutefois, plusieurs défis et problèmes éthiques ont été soulignés par rapport à la commercialisation de l’IA. Les données privées, l’impact sur l’humain et la distribution des richesses sont des considérations majeures, car le niveau de développement est très rapide. Par exemple, Beauchemin a expliqué l’augmentation drastique du niveau de désinformation. L’IA a la capacité de faire du « Deepfake », soit une technique visant à superposer des fichiers audio et vidéo afin de transformer complètement le fichier original.

Ensuite, plusieurs innovations impressionnantes basées sur l’intelligence artificielle ont été présentées par les invités.

Butalidet nous a rappelé que la technologie de reconnaissance faciale dans les nouveaux cellulaires et ordinateurs fonctionnent grâce à l’IA. L’utilisation des données personnelles permet à l’application ClearView, par exemple, de scanner un visage et d’identifier l’individu, ce qui est très utile et utilisé par la police américaine. Encore, une fois un enjeu éthique se présente avec la perte totale de confidentialité. De plus, Chicoisne explique que le domaine des ressources humaines sera grandement transformé, car l’IA permet aussi l’automatisation des recrutements et entrevues ainsi que l’analyse des C.V. Finalement, Beauchemin a souligné que le développement des véhicules autonomes grâce à l’IA aura un impact significatif et humain. On peut tout de suite penser aux personnes voyantes autonomes qui pourront profiter d’un déplacement sécuritaire et facile.

Finalement, Montréal est un important centre de recherche et développement dans le domaine de l’intelligence artificielle. Par exemple, Chicoine nous a expliqué que Montréal a la chance d’être dotée d’une société très ouverte aux changements et aux impacts éthiques. D’ailleurs, l’animatrice Marchildon a complété en affirmant qu’il est très apprécié de constater la grande ouverture du dialogue social envers l’IA. Les grandes figures de l’intelligence artificielle montréalaise sont notamment : le professeur Yoshua Bengio, soit un des fondateurs de l’apprentissage profond et directeur de l’Institut des algorithmes d’apprentissage de Montréal (MILA) ou encore l’entreprise Element AI.

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Je vous conseille ainsi de rester curieux et de toujours chercher la transparence légitime des acteurs qui développent l’intelligence artificielle.

Pour plus d’informations sur l’IA à Montréal :

https://www.montrealinternational.com/fr/secteurs-cles/intelligence-artificielle/

https://www.investquebec.com/international/fr/secteurs-activite-economique/technologies-information-communications/Montreal-centre-mondial-de-l-intelligence-artificielle.html


Partie 2 : Repenser la valeur monétaire : crypto-monnaies alternatives et monnaies locales

D’autre part, les quatre invités de la présentation Repenser la valeur monétaire : crypto-monnaies alternatives et monnaies locales étaient : François Le Bel, responsable du développement commercial chez Impak Finance; Jamie Klinger, fondateur de l’entreprise basée sur la Blockchain JoatU, Elsa Bruyère, membre du conseil d’administration de Une Monnaie pour Montréal et l’animatrice pour la conférence Diane Bérard, journaliste chez Le Devoir.  

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Le sujet de départ était de comprendre l’existence d’actifs numériques tels que le Bitcoin. Le Bel a expliqué que les crypto-monnaies ont tous une mission précise, soit rattacher une information ou une valeur à une monnaie numérique. Ainsi, une entreprise qui cherche par exemple à défendre l’environnement peut émettre une crypto-monnaie agissant comme un jeton d’échange et de récompense suite aux actions entremises par les consommateurs. De plus, Klinger a rajouté que la relation entre l’humain et la monnaie ajoute de la valeur, ce qui bénéficie les communautés. Aujourd’hui, il existe des outils faciles d’accès pour générer un système de points avec des jetons numériques. Par exemple, la Blockchain du projet Ethereum co-fondé par le canado-russe Vitalik Buterin regroupe plusieurs ressources et outils.

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Ensuite, Bruyère a ajouté qu’il est important de conserver dans l’économie monétaire une certaine décentralisation et compétition afin d’éviter un monopole. En effet, on observe la constante augmentation des parts de marchés de très grandes entreprises comme Apple. Avec la solution de paiement Apple Pay et la nouvelle carte de crédit Apple Card, l’enjeu des données personnelles est très important, puisqu’il peut y avoir un manque de transparence ou encore de sécurité si un piratage se produit.

Ainsi, que ce soit des monnaies numériques ou locales, le militantisme lié à des causes profondes sont à la base de ces dernières.

Pour développer un projet lié à l’émission d’une crypto-monnaie, Le Bel a souligné l’important encadrement de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Concrètement, au lieu de mettre en place un IPO (Initial Price Offering), il faut faire un ICO (Initial Coin Offering) pour lever des fonds afin de financer son entreprise basée sur une crypto-monnaie. Les réglementations donnent confiance aux investisseurs, car, dans les premiers temps du marché d’actifs numériques où la loi n’était pas adaptée pour ce domaine technologique, il y eut beaucoup de fraude.

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Toutefois, Bruyère souligne qu’il existe plusieurs enjeux et choix éthiques à faire lors de l’émission d’une crypto-monnaie. Par exemple, certaines crypto-monnaies fonctionnant sur des types de Blockchain spécifiques consomment de l’énergie, ce qui est polluant à l’égard de l’environnement. À noter qu’au Québec, Hydro-Québec réserve des surplus énergétiques pour répondre à cette demande.

Finalement les invités ont discuté des différents types de monnaies digitales, on retrouve d’ailleurs la monnaie stable (Stable Coin) où chaque jeton est associé à un dollar, ce qui lui procure une stabilité quasi parfaite et le rend 100% écologique. À vous maintenant de penser à des idées entreprenantes grâce aux nouvelles technologies!!

Bref, la présentation a permis de nous conscientiser sur le fait que la grande majorité des monnaies alternatives ont une mission précise qui ne visent pas à remplacer les devises nationales, mais de défendre une cause ou une innovation technologique précise.

L’idée est de réinjecter nos valeurs dans l’acte de consommer consciencieusement et localement.

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