Le Siècle de l’Espoir

Autour du « Siècle de la Rupture », nous avons passé ensemble cette année à évoquer notre entrée dans un XXIe siècle qui marquera un tournant dans l’Histoire de l’Humanité. Économie, Politique, Environnement, Alimentation, Société, nous avons jusqu’ici dressé un constat alarmant et alarmé de la voie sur laquelle nous semblons engagés, mais non moins essentiel à la prise de conscience qui s’impose à nous. Passé ce ton morose parfois presque fataliste, il existe heureusement de nombreux éléments qui nous donnent de bonnes raisons d’espérer pour l’avenir de notre monde, comme un rayon de soleil qui subsiste au milieu du brouillard.

Épisode 5 : Une Lueur d’Espoir


Pourquoi nous ?

Pour éclairer cette réflexion qui se veut aussi ouverte que possible, prenons d’abord un peu de recul sur notre Histoire. Notre réalité tire son origine d’un dérèglement, survenu au milieu d’un chaos d’une ampleur qui nous dépasse, le « Big Bang ». De celui-ci s’est enchaînée une série de hasards, dont la portée philosophique là encore nous échappe, du chaos sont doucement apparus Univers (multivers), galaxies, systèmes stellaires, planètes, jusqu’à notre bonne planète Terre avec lui. S’en suivit un miracle que nous peinons toujours à expliquer : la vie. Et des organismes vivants qui apparurent grâce à la présence ô combien métaphysiquement contingente de l’eau, quelques milliards d’années plus tard, une certaine Lucie marqua l’entrée sur la scène terrestre d’un acteur bien peu ordinaire : l’être humain. Et nous voilà, produit aussi sublime qu’imparfait d’une évolution vieille comme le temps, à la croisée des chemins.

Il ne s’agit pas ici de savoir comment nous avons pris la place des dinosaures, mais bien de chercher à comprendre pourquoi nous sommes ce que nous sommes et faisons ce que nous faisons. Une prise de recul nécessaire, car si l’Humanité demeure ridiculement négligeable dans l’Univers qu’elle cherche désespérément à dépeindre, elle reste un phénomène démesurément gigantesque pour ceux qui la composent.

Bien vs Mal : une lutte vraiment inégale ?

Revenons maintenant à notre réalité. Nous avons de plus en plus conscience de problèmes qui nous menacent, ce qui a quelques effets plutôt positifs. Les nouvelles générations grandissent avec des idées neuves, qui éliminent peu à peu le poids de certains héritages culturels dont nous nous serions bien passés. Pensons notamment à l’égalité des sexes, à l’acceptation de la diversité ethnoculturelle, ou encore à la pacification de nos sociétés, car même si de nombreuses disparités demeurent malheureusement dans nos sociétés, n’oublions pas qu’il n’y a pas si longtemps, le sexe féminin était sans conteste reconnu comme « sexe faible », que torture et esclavagisme trouvaient leur légitimité sur la couleur de la peau, et que des États, voire des Empires s’entre-déchiraient dans des guerres sanglantes et dévastatrices au nom de divinités ou de la simple quête du pouvoir. Et là vous vous dites : « Tout cela n’a pas vraiment changé » … Vraiment ?

Pourtant, là où nous nous indignons et insurgeons de ce qui nous apparaît de plus en plus comme des aberrations, nos ancêtres connurent ces problématiques comme une fatalité omniprésente de leur réalité. OUI, nous sommes sur la bonne voie, et il serait temps de le reconnaître. Réjouissons-nous donc de vivre à l’époque qui est la nôtre, et d’avoir conscience de toutes ces choses que nous avons à améliorer. Car si nous sommes inquiets, c’est parce que nous avons réussi à imaginer un idéal de bien-être pour l’espèce humaine, si flou et relatif soit-il. Poursuivre cet idéal peut paraître vain, pourtant le simple fait de le concevoir constitue un progrès en soi. Et maître Pragmatisme de nous rappeler que ce ne sont pas quelques décennies de lutte pour la paix et l’égalité qui vont effacer des millénaires d’Histoire…

Doit-on repartir à zéro ?

Certains courants de pensée soutiennent que pour construire quelque chose de nouveau, il faut nécessairement repartir du Chaos, et effacer tout ce qui préexiste. En l’occurrence, cela impliquerait que pour changer notre monde, il faudrait repartir à zéro, oublier qui nous sommes, un peu comme si nous opérions un nouveau Big Bang. Pourtant, cela ne semble pas une nécessité absolue. Car c’est grâce à notre réalité que nous avons le plus de chances de grandir et d’évoluer.

Regardons la vérité en face, notre soudain appétit insatiable pour le divertissement repose sur notre besoin douloureusement inconscient d’ignorer nos responsabilités à très grande échelle. La profusion de films sur la fin du monde illustre tristement ce phénomène, dont le but est à la fois de nous déresponsabiliser en faisant porter le chapeau à des causes extérieures (catastrophes naturelles, invasions extraterrestres…), et d’exacerber l’aspect fictif de ces représentations pour nous rassurer une fois sortis de la salle de cinéma. Nous pouvons convenir du fait que toutes les difficultés qui nous assaillent nous ont poussé au pied du mur, et nous forcent désormais à réagir. Tout notre système (économique, politique, écologique, etc.) est sur le point d’atteindre ses limites. Conséquence : nous devons repenser notre système, et c’est en cela que nous avons un rôle capital.

D’ailleurs, le mouvement est déjà en marche. Partout sur la planète, une multitude d’initiatives commence à se propager pour proposer des alternatives à notre système, et même si elles sont encore loin d’occuper le devant de la scène médiatique, leur place y est exponentiellement croissante, moins par effet de mode que par nécessité. Commerce équitable, agriculture biologique et locale, transition énergétique, communication non-violente, nouveaux modèles d’éducation, toutes ces mesures sont doucement en train de se faire une place, car elles répondent désormais à des besoins plus forts et pertinents que ceux que nous avons poursuivis jusqu’ici.

La remise en question est donc le fondement du progrès, et elle s’applique à nous tous, tant individuellement que collectivement. Et c’est à nous, futurs gestionnaires de demain, qu’il incombe en premier de défendre et véhiculer les bonnes idées. Une grande responsabilité, certes, mais non moins passionnante. Car si nous nous apprêtons à vivre un tournant de notre Histoire, c’est aussi un immense privilège que d’être en vie aujourd’hui pour relever ce grand défi. Après avoir rêvé de super-héros qui nous sauvaient de l’apocalypse, cette fois c’est à notre tour de le faire, et Hollywood n’y est pour rien. Aucune époque n’a jamais été aussi riche en potentiel, et aussi immense et effrayante qu’une telle responsabilité puisse sembler, tant qu’à être là, autant en profiter et nous en réjouir. Prenons à nouveau du recul et rappelons-nous les sages paroles prononcées par l’ex-président Barack Obama lors de l’annonce de sa succession : « Quoi qu’il arrive, le soleil se lèvera demain matin. ».

FIN

Note de l’Auteur :

Merci d’avoir suivi cette chronique jusqu’au bout, j’espère avoir réussi à vous apprendre que quelque chose ou au moins de vous faire réfléchir, car ces sujets sont à mon sens trop importants pour être poliment ignorés. De nombreux ouvrages, articles ou films documentaires existent pour exposer les problèmes et les solutions possibles pour sauver notre monde, mention spéciale au très beau film français « Demain », dont une grande partie de cette chronique a été inspirée, et que je vous invite vivement à vous procurer au plus vite ! Sur ce, n’oubliez pas, l’avenir est une page blanche, et nous en sommes la plume.

Arthur Marcaud

Catégories: Développement durable,Société