La recherche universitaire : un débat électoral

La recherche universitaire au Canada est principalement menée par trois conseils subventionnaires : les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) et le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH). Les fonds qui leur sont alloués ont pour principal objectif de financer la recherche fondamentale et la recherche scientifique au Canada.
Toutefois, depuis près d’une décennie, on constate que la tendance de l’évolution des montants alloués à ces organismes de subvention est à la baisse. Ceci est principalement dû à la nouvelle orientation que le gouvernement canadien donne à la recherche universitaire. Elle est désormais beaucoup plus concentrée sur les recherches impliquant les partenariats industries-universités jugées stratégiquement plus importantes en raison de leurs valeurs commerciales immédiates.
Cette réorientation stratégique a comme résultante une diminution substantielle des fonds alloués aux organismes cités plus haut Ainsi, les fonds alloués au CHSH ont chuté de plus de 10 pour cent, ceux alloues au CRSNG et a l’IRSC ont diminué respectivement de 64 et 75 pour cent durant la dernière décennie. Au total, c’est 7.5% des investissements dans les conseils subventionnaires qui a été enlevé alors que le nombre de chercheurs universitaires au Canada a augmenté de 9.5% de 2008 à 2011.
Ces diminutions des montants alloués à la recherche universitaires ont beaucoup d’impacts sur les résultats de recherche. D’une part, nombre de jeunes chercheurs qui sont éligibles pour des subventions gouvernementales voient leurs demandes rejetées. D’autre part, des projets de recherche prometteurs qui auraient pu être financés sont tués dans l’œuf. Ainsi, la société est privée de grandes innovations qui auraient pu lui être très bénéfiques à l’avenir.
La recherche universitaire s’est invitée dans la campagne électorale très tard. D’autres débats l’ont éclaboussée particulièrement l’économie qui reste l’une des préoccupations majeures dans notre société. N’empêche que le sujet reste crucial étant donné le nombre de jeunes en âge de voter au Canada. Une chose est sûre, c’est que les principaux partis s’entendent tous pour investir dans la recherche, mais tout comme la stratégie du gouvernement actuel, leurs stratégies et leurs promesses diffèrent.
Promesse des principaux partis d’opposition
Le NPD promet d’investir 105 millions de dollars sur cinq ans en recherche post-secondaire. L’objectif recherché est que ‘’les chercheurs canadiens puisse redevenir des chefs de fils mondiaux en faisant des percées scientifiques majeurs’’ a mentionné le parti dans une lettre adressée à la ‘’Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal’’.
Le parti promet aussi de réduire les taux d’intérêt sur les prêts fédéraux consentis aux étudiants et d’investir plus de 250 millions de $ de plus en quatre ans sur les bourses fédérales.
Quant au Parti Libéral, il promet d’investir 100 millions de dollars supplémentaires dans le ‘’Programme d’Aide à la Recherche Industrielle’’ sur trois ans. Il promet aussi d’investir annuellement 750 millions de dollars supplémentaires en bourses non remboursables. En outre, le plan prévoit aussi que le gouvernement assume les intérêts des prêts étudiants.
Un débat très sérieux
Le débat sur le financement de l’éducation post-secondaire et de la recherche universitaire est très sérieux. Les fédérations étudiantes veulent à tout prix se faire entendre à un moment ou les universités font face à des compressions. Les plans et stratégies divergent, mais la seule chose sur laquelle on s’entend tous, c’est que la recherche universitaire est importante car elle garantit au Canada une place parmi les grands pays porteurs d’innovation dans le monde.

Jeiel Onel Mézil
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