Le Monde des Assos : entre Richesse et Défis

Le monde des associations à HEC Montréal est extrêmement actif, et l’école ne cache jamais sa fierté à son égard. On nous incite sans cesse à nous impliquer, soutenant que cela pourra enrichir notre CV, toutefois le monde des associations demeure un monde complexe dans lequel il peut être difficile de s’y retrouver. Nous proposons quelques éclaircissements.

S’impliquer à HEC : pour quoi faire ?

Si beaucoup d’étudiants s’impliquent dans les associations, ce n’est pas pour rien. La principale raison qui pousse les étudiants à se lancer dans ces activités, c’est principalement parce qu’elles sont pour la majorité intéressantes, bien souvent agréables, mais surtout toujours stimulantes. Le monde des assos, c’est la réalisation concrète de ce pourquoi les étudiants en gestion ont choisi cette voie, à l’échelle de l’école. Défendre des idées, soutenir des projets, voilà ce qui allume nos esprits de futurs gestionnaires, et nous avons la possibilité de les appliquer dès maintenant, et cela ne nous coûte rien d’autre que du temps. Difficile alors de s’en priver !

Si l’école encourage cette implication, ce n’est pas pour rien non plus. L’activité associative incroyablement riche et diversifiée permet à HEC de bomber le torse (dans la mesure où une école aurait effectivement un torse à bomber), car ils contribuent au rayonnement de l’école, que ce soit à l’interne ou à l’externe, notamment en défendant des projets à portée sociale, écologique, ou encore en créant des liens avec certaines entreprises d’industries spécifiques, enfin d’exposer le potentiel de ses futurs diplômés à de futurs partenaires, et à des universités concurrentes. Favoriser l’initiative, c’est ce petit plus que l’on ne peut pas enseigner dans un cours, mais qui peut faire toute la différence entre un diplômé et un bon diplômé dans les enjeux de demain.

Car s’impliquer dans une association, c’est déjà travailler dans une entreprise. Définir des objectifs, concevoir et organiser des projets, chercher et gérer un financement, communiquer avec la « clientèle » cible, se battre en négociations, le tout en faisant parfois face à une forme de concurrence vis-à-vis d’autres associations, revenir sur tout cela pour s’améliorer à l’avenir, voilà la réalité du monde des associations. Et si les entreprises sont friandes de ce type d’expérience dans le recrutement, c’est parce qu’elle est extrêmement formatrice. Plus qu’une ligne sur un CV, on grandit, on devient des gestionnaires en le vivant au quotidien. Le tout sans que quiconque soit animé par des désirs lucratifs personnels qui pollueraient cette vie associative, car tous les étudiants y sont bénévoles (les enjeux sont bien ailleurs). Bref, c’est plutôt génial.

La Richesse a ses limites

C’est peut-être génial, mais certainement pas parfait. Non seulement car personne n’est parfait, mais aussi et surtout car nous sommes des étudiants, dynamiques et ambitieux, pas des philosophes qui discutent sereinement autour d’une table. Si l’école est fière de ses associations, elle n’oublie pas qu’elles les représentent, dans tous les sens du terme. C’est pourquoi l’administration se réserve un droit de regard sur l’activité associative, car un minimum de contrôle est indispensable pour éviter les débordements. Une limite potentielle à certaines initiatives, mais il faut faire avec.

De plus, si chacun est encouragé à s’impliquer, cela n’exclue pas une certaine sélectivité. Certains comités sont élus, la plupart sont choisis par les exécutifs sortants, on peut donc aisément postuler, mais il faut ensuite affronter une certaine compétition. Facteur de réticence pour certains, c’est pourtant là encore le lot de la réalité du monde du travail qui nous attend.

Enfin, l’implication présentée comme si alléchante comporte un risque, que tous les impliqués connaissent : la conciliation implication/études. Défi similaire à la conciliation travail/étude, il est tout de même un peu différent, car il implique souvent plus de responsabilités et de sollicitations que des emplois étudiants. Pas de recette miracle ici, il faut trouver un équilibre entre tout cela, un équilibre qui dépend des profils et des objectifs de chacun.

La Réalité du Couloir

Autour du salon l’Oréal, il y a deux couloirs où siègent les associations. D’un côté l’AEHEC et ses comités, de l’autre, les Groupes d’intérêt. L’Association des Étudiants d’HEC (AEHEC) rassemble la plupart des comités de spécialisation, ainsi que les comités dits à portée sociale, les médias et quelques autres. Du côté des groupes d’intérêt, ce sont des associations très diversifiées, de tailles très variables et qui se sont créées pour la plupart pour être autonomes et indépendantes.

Un problème récurrent entre les deux couloirs, voire même parfois entre les associations d’un même groupe, c’est la cannibalisation d’événements. Après de nombreuses négociations, parfois conflictuelles entre les différents partis au cours des dernières années, l’idée d’une forme de collaboration entre les deux couloirs est en train de voir le jour, même si rien n’est formellement établi. Le défi est de taille, et révèle surtout une réalité du monde du travail : chacun veut faire valoir ses idées, et il n’est pas toujours possible de satisfaire tout le monde. Comme les services d’une entreprise, chaque sous-comité cherche à obtenir du financement de son entité mère… Des enjeux difficiles mais passionnants, qui nous sont accessibles ici, à HEC. Aux nouveaux comités exécutifs d’user à bon escient de l’héritage de leurs prédécesseurs.

 

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