L’ovaire du décor : Où sont les femmes?

La semaine dernière, le nouveau Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, lors de son assermentation a nommé un cabinet paritaire de ministres pour la première fois de l’histoire du Canada. Quand une journaliste lui a demandé pourquoi il avait voulu nommer un cabinet paritaire, sa réponse fut simple: « Parce que nous sommes en 2015 ». Une question me sautait par contre aux yeux dans certains journaux: est-ce que les femmes nommées par Trudeau sont aussi compétentes que tous les autres hommes ministrables dans le bassin de députés libéraux? C’est une question un peu bête à poser justement en 2015. Est-ce vrai de voir que certains se demandent encore si les femmes en politique (ou de manière générale d’ailleurs) sont aussi compétentes que les hommes? J’ai l’impression de me retrouver dans le mauvais siècle. Rassurez-vous qu’en regardant l’expérience de ces femmes et les records à leur nom, elles sont toutes plus que compétentes.

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Il faut cependant souligner que seulement 26% des sièges à la chambre des communes à Ottawa sont tenus par des femmes. Au niveau provincial, c’est le même pourcentage à l’Assemblée Nationale. Ce qui m’a amené à me poser des questions sur notre génération à savoir si nous serions une génération dans laquelle il y aura plus de femmes dans des postes de direction et de décision. Par contre, quand on regarde les chiffres dans l’implication étudiante ici même à HEC Montréal, il ne semble pas y avoir plus d’espoir.

Notons que sur les 15 comités sous l’aile de l’AEHEC, il n’y a que deux présidentes. Sur l’exécutif même de l’AEHEC, il n’y a qu’une membre sur les huit membres détenant un poste d’exécutif. Les répercussions de cette sous-représentation sont plus graves que ce qu’on pourrait penser à première vue. Sachant que presque toutes les décisions concernant la vie étudiante de l’école sont exécutées sous l’oeil de l’exécutif de l’AEHEC et que sur la Table de la Vie Étudiante, il y a seulement 3 femmes qui y siègent (sur les 20 membres), les femmes ont difficilement une voix assez forte pour représenter les intérêts d’un genre qui compose supposément 50% de la population étudiante.

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La constatation du manque indéniable de femmes dans les hautes sphères de l’implication étudiante de HEC est une chose, mais il y a une question qui me perturbe bien plus: où sont les femmes? Je doute qu’il ait un manque aussi grave de femmes voulant s’impliquer, je crois, plutôt qu’il s’agit d’abord et avant tout, d’un conflit entre les valeurs omniprésentes au sein de la communauté étudiante et les valeurs que l’on recherche chez les candidats impliqués. Est-ce plus difficile pour une femme de se démarquer dans la communauté qu’un homme si notre point de référence est l’intensité de la participation aux activités de la vie étudiante? Ceci ne veut pas dire qu’un fille ne peut pas être plus intense dans son implication étudiante, mais c’est moins souvent le cas. Peut-être est-il temps d’arrêter de confondre les compétences requises à l’implication étudiante à l’implication pour se fondre (ou ressortir) dans une certaine masse sociale.

Ce qui est énuméré ici peut sembler être une interprétation bien simpliste d’une réalité avec des causes bien plus profondes, mais les questionnements restent nécessaires pour comprendre pourquoi les femmes ne prennent pas plus de place qu’elles ne le font de manière générale. On peut se demander quelles sont les solutions potentielles à cette situation. Puisque le problème est assez complexe et aucune étude n’est faite par rapport à la situation de l’implication féminine actuelle, c’est difficile de cibler les solutions ou les mesures qui seraient appropriées. Pour ce qui est de HEC Montréal, serait-ce faire de la discrimination positive comme l’a fait pour son cabinet de ministres Monsieur Trudeau, modifier le code de conduite de l’AEHEC à l’égard de ses événements ou encore tenter de sensibiliser en espérant changer la mentalité que nous avons du monde étudiant?

Voyant le manque de discussion et de sensibilisation au sujet de la place des femmes, je tenterai de soulever certains des enjeux des femmes sur leur place en entreprise et dans la société par l’entremise d’une chronique dédiée à ce sujet dans le Journal L’Intérêt.

Entre temps, pour approfondir la lecture:

Les femmes en politique: toujours en quête de l’égalité
Revue Parlementaire Canadienne

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Catégories: L'Actu,L'ovaire du décor

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