Les mille et une facettes du journalisme sportif

Crédit Photo : John Taylor

Crédit photo : John Taylor

Depuis son avènement dans le courant du XIXème jusqu’à aujourd’hui, le journalisme sportif n’a cessé de se complexifier en même temps que le monde du sport. Entre les critiques quant à son manque d’objectivité ou même son statut de journaliste, et avec l’avènement des médias sociaux, le journaliste sportif est depuis toujours pris au sein d’un environnement difficile. Pourtant, il est au sport ce qu’est le présentateur au journal télévisé : indispensable.

Une légende polymorphe : le journaliste sportif

Polyvalent, curieux, bon apprenant mais surtout tenance sont tout autant d’adjectifs qui siéent parfaitement au journaliste sportif. En effet, le journalisme sportif, spécialité journalistique visant à assurer la couverture médiatique des évènements sportifs, est un domaine très plurivalent sur le terrain. Le journaliste sportif peut ainsi remplir une multitude de tâches allant de l’animateur, au présentateur et au journaliste reporter d’images en passant par le commentateur.

« Un bon journaliste sportif est un bon journaliste. Un journaliste qui veut faire du sport va avoir fait ses preuves avant et qui va avoir développé des réflexes qui vont l’aider, peu importe le domaine de journalisme dans lequel il va évoluer »

Philippe Cantin

La continuelle complexification du monde du sport rend la pratique du journalisme sportif toujours plus difficile. En plus de devoir être un bon journaliste et ainsi savoir rédiger, interviewer mais surtout raconter une histoire, le journaliste sportif doit également pouvoir rendre le monde initiatique du sport accessible au grand public. De ce fait, même si l’obtention d’un certificat en journalisme est nécessaire, la connaissance du monde du sport est un impératif pour devenir journaliste sportif au Canada. En effet, le décryptage mais surtout l’analyse par les journalistes sportifs sont indispensables pour comprendre les matches, les compétitions ainsi que les particularités de chaque sport.

Une titanide dans un monde de géants

Que vous connaissiez (ou pas) des noms comme Pierre Houde, Denis Casavant ou encore Martin McGuire, vous savez (ou peut-être pas) qu’il s’agit des grands dans le monde du journalisme sportif au Canada. Pourtant, parmi les grands, il y a aussi des noms comme Liza Frulla, Marcelle St-Cyr et Liliane Lacroix.

« Pour moi, ce jour-là, celui où je suis entrée dans le vestiaire de l’Association Prince-de-Galles au Forum, était pourtant une journée de travail comme toutes les autres. »

Marcelle St-Cyr

Bien que le journalisme sportif peine aujourd’hui encore à se féminiser, ces grandes dames ont su y laisser leurs traces. C’est ainsi que, comme une titanide arrivant dans le monde des géants, Marcelle St-Cyr a fait irruption dans les vestiaires des Canadiens où les joueurs de l’association prince de galles se changeaient. Un match historique venait d’avoir lieu et l’Association Prince-de-Galles battait l’Association Clarence-Campbell 7 à 1 à l’occasion du match des étoiles joué devant 16 080 spectateurs. Elle devenait l’une des premières femmes journalistes sportives à entrer dans les vestiaires des hommes.

Son travail, bien que de qualité, fut largement critiqué parce qu’elle était une femme. Elle fut accusée d’avoir volé le travail d’autres hommes et même reçu des lettres de menaces. Pourtant, elle ne faisait que faire son travail et certains, comme le New York Times, acclamèrent son audace. De plus, la semaine qui a suivi le match des étoiles, Robin Herman a elle aussi obtenu l’autorisation de plusieurs équipes d’entrer dans les vestiaires | deux ans plus tard, Liza Frulla a été la première à entrer dans le vestiaire du Canadien.

Réseaux sociaux et polémiques : le journalisme sportif en danger ?

Avec la prépondérance croissante des réseaux sociaux dans nos vies de tous les jours, le public recherche l’information en instantané ; les journaux et les journalistes de tous les bords doivent s’adapter à cette nouvelle ère. Il faut aller vite mais la qualité d’analyse que requiert les évènements sportifs requiert quantité égale de temps. Même si aujourd’hui, il existe des émissions télévisées de commentaires de matches juste après que ceux-ci ont eu lieu ou encore que les journalistes sportifs aient accru leur présence sur les réseaux sociaux, il existe en parallèle plusieurs applications sportives en ligne encore plus rapides. C’est sans compter la vitesse à laquelle les fakes news se répandent sur les réseaux sociaux traditionnels comme twitter.

D’autre part, en plus de devoir, comme dit précédemment, devoir lutter pour faire reconnaitre leur statut de journaliste, les journalistes sportifs doivent également faire face aux critiques. On leur reproche leur trop de passion qui est pourtant nécessaire. Que serait le journaliste sportif sans sa passion pour le sport ? Ils ont la lourde mission de faire vivre l’évènement au public et cela nécessite de véhiculer toute l’émotion du moment.

Finalement, malgré qu’il doive naviguer entre déficit de considération et préjugés, le journaliste sportif reste fidèle sa mission : transmettre sa passion pour le sport tout en restant professionnel et polyvalent !

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