Les bouteilles d’eau bientôt interdites à HEC ?

En mai prochain, cela fera maintenant un an que l’Université McGill aura arrêté de vendre des bouteilles d’eau à usage unique sur son campus. Une initiative que les étudiants auront soutenu pendant près de 8 ans avant qu’elle soit enfin mise en œuvre.

Cependant, l’université n’aura fait qu’emboîter le pas aux nombreuses autres universités qui, avant elle, se sont déjà lancées dans cette initiative. Parmi elles : l’Université de Toronto, l’Université d’Ottawa, l’Université Queen’s et bien d’autres. À quelques arrêts de bus de chez nous, l’Université de Montréal, Polytechnique Montréal ou encore Concordia ont elles aussi adopté cette attitude depuis maintenant plusieurs années.

Ainsi, en se promenant dans les cafétérias de HEC, on peut être surpris que les bouteilles Naya ou Évian continuent à fleurir sur les étalages. Et cela commence (voire continue) à faire figure d’exception dans le milieu universitaire canadien mais surtout à faire tâche dans notre contexte environnemental actuel.

DE L’ABSURDITÉ DES BOUTEILLES D’EAU

Avant d’approfondir la discussion quant à l’arrêt de la vente des bouteilles d’eau à HEC, je pense qu’il est important de faire un bref rappel de ce qu’implique la vente et la consommation de bouteilles d’eau afin d’avoir toutes les clés en main pour saisir l’importance de la question.

Nous vivons dans un pays qui possède près de 20% des réserves d’eau potable du monde. Autant dire que la question de la salubrité de l’eau ainsi que celle de sa disponibilité ne fait pas vraiment partie de notre quotidien. Pourtant, l’industrie de l’eau embouteillée au Canada réalise chaque année un chiffre d’affaires de 2,5 milliards de dollars.L’existence d’un si grand marché au Canada est donc absurde mais il est aussi extrêmement nuisible pour notre environnement. En effet, la création d’une bouteille d’eau en plastique va nécessiter jusqu’à 2000 fois plus d’énergie que le simple traitement et acheminement de l’eau du robinet. Il faut rajouter à cela le pétrole, le charbon, le gaz ou encore l’eau utilisés pour sa fabrication. Enfin, une fois que celle-ci sera consommée, elle prendra près de 1000 ans pour se décomposer.

En bref, il est urgent et nécessaire de diminuer au maximum notre participation au marché de l’eau embouteillée.

DE LA SENSIBILITSATION À L’ACTION

Dire qu’HEC n’a rien fait vis-à-vis de ce sujet serait injuste. En effet, en 2013, conjointement avec l’Université de Montréal et Polytechnique Montréal, HEC a lancé l’initiative Virage Bleu. Cela a eu pour conséquence la mise à niveau des fontaines à eau dans les différents édifices ainsi que la réalisation d’évènements de sensibilisation ponctuels ou bien la présence de pichets d’eau à certains évènements.

Cependant, HEC se démarque des deux autres universités en ne faisant aucunement mention de son intention d’arrêter la vente de bouteilles d’eau au sein de ses édifices et c’est ici que le problème réside.

Afin d’avoir un réel impact, il est essentiel de stopper définitivement la vente de bouteilles d’eau au sein de la CoopHEC ainsi que dans les différents distributeurs de boissons. Il s’agit ici de forcer le changement de comportement des consommateurs de bouteilles d’eau de manière soudaine plutôt que de rester dans la sensibilisation qui n’a ni d’effet immédiat, ni d’effet absolu.

DES POSSIBLES FREINS À CETTE AVANCÉE ?

Néanmoins, une crainte subsiste. En effet, l’arrêt de la vente de bouteilles d’eau pourrait entraîner une hausse de la consommation de sodas ou d’autres boissons sucrées qui sont elles-mêmes embouteillées, le problème ne ferait alors que se déplacer d’un marché à un autre.

Il existe cependant des solutions pour répondre à ces craintes. Il s’agirait par exemple de promouvoir l’achat de gourdes au sein même de la partie restauration. Proposer des gourdes moins dispendieuses que celles actuellement proposées serait également un moyen d’inciter les consommateurs de la cafétéria à changer leur comportement.

HEC Montréal pourrait également s’inspirer d’une initiative étudiante de l’Université d’Ottawa où des étudiants commercialisent au sein de l’école des bouteilles en aluminiums réutilisables et moins chères que les bouteilles d’eau anciennement proposées. Un projet qui pourrait intéresser tout étudiant passionné par l’entrepreneuriat !

Pour conclure, il est à espérer que les bouteilles disparaissent rapidement de notre école et en attendant, le journal L’Intérêt t’encourage à utiliser ta gourde !

Catégories: Développement durable,Enquête,HEC Montréal

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