Le bac à sable universitaire

La quasi-obligation de participer aux activités organisées de la vie étudiante, sans quoi « tu vas passer à côté des expériences les plus inoubliables de ton bac (et peut-être même de ta vie), » est un discours en vogue à HEC. Particulièrement en début d’année scolaire, alors qu’on essaie de stimuler la participation aux activités d’intégration, ces paroles sont sur les lèvres de tous les integs’ et de bon nombre de rookies. Bien que certains s’y retrouvent, ce n’est malheureusement pas le cas pour plusieurs d’entre nous. Voyant toute la place que prennent ces activités, peut-être avons-nous parfois tendance à penser que la vie étudiante d’HEC se résume à faire la fête, puis à conclure qu’au fond, la vie étudiante, c’est pour les autres.

Or, cette conclusion est bien triste, car la vie étudiante fait partie intégrante de notre formation universitaire. Plus qu’un ensemble d’activités impliquant souvent notre foie, c’est une panoplie de groupes d’intérêts en lien direct avec la vie de l’après-B.A.A. Comme dans un buffet chinois, le choix et vaste et c’est tant mieux, car ces groupes et comités étudiants représentent un immense bac à sable dans lequel on peut tester, expérimenter, apprendre et faire des liens entre l’école et la vraie vie. N’oublions pas qu’effectivement, l’école, avec ses examens, ses devoirs, ses notes, ses problèmes et ses corrections sans aucune remise en question possible est, comme un cocon, un milieu fermé, presque hermétique.

Loin de la vie professionnelle qui nous attend, notre expérience scolaire se déroule dans un environnement contrôlé où nos erreurs ont somme toute peu de conséquences. Évidemment, tout cela est positif, car de cette manière, nous avons toutes les chances de notre côté. En revanche, il y a un piège, et il est de taille : oublier que l’école ne représente pas la vraie vie et vouloir y être parfait, tout en omettant de développer les aptitudes vraiment utiles à nos futures carrières. Certes, plusieurs entreprises demandent à voir le relevé de notes d’un candidat avant de l’engager; c’est pourquoi il serait faux d’affirmer que les notes ne sont pas importantes. Pourtant, la question demeure : quel équilibre adopter entre la performance académique et l’implication extrascolaire?

Ici, à HEC, nous sommes particulièrement chanceux, car la vie étudiante est florissante; en addition à la formation académique particulièrement reconnue pour sa qualité, la panoplie de comités étudiants et de groupes d’intérêts nous offre maintes opportunités d’implication. Certes, ceux gravitant autour des partys prennent une place importante, mais bien d’autres existent et même s’ils sont moins connus, ils sont loin d’être des sous-comités. On y retrouve des étudiants allumés et prêts à se dévouer pour apprendre et bâtir de nouveaux projets. Plus encore, les opportunités de développer ce fameux réseau de contacts dont on nous parle tant sont multiples. L’implication étudiante joint finalement l’utile à l’agréable en nous permettant d’apprendre, de bâtir et d’acquérir une expérience autant, sinon plus prisée par les employeurs que les simples résultats scolaires.

Parmi ce que l’implication étudiante permet de développer, les aptitudes relationnelles sont les plus décisives pour notre futur. Combien de fois avons-nous entendu l’histoire de l’ami d’un ami qui, malgré ses notes parfaites, a mis un temps fou à décrocher un emploi après son bac ou sa maîtrise? Et combien de fois cette situation était liée au fait que cette personne, ayant passé toute son université le nez dans ses livres, avait omis de développer ses capacités à convaincre, à se vendre, à communiquer, à gérer des humains dans toute leur complexité? Ce qu’on apprend en cours, ce sont des théories, des powerpoints et des notes qui n’ont rien à voir avec nos réelles qualités, et ce, tant et aussi longtemps que d’autres personnes ne les ont pas reconnues en nous. À HEC, les gens sont généralement ambitieux et Dieu sait que plus on gravit les échelons, moins les théories sont importantes et plus nos capacités relationnelles deviennent indispensables. C’est d’ailleurs ce qui à mon avis constitue l’obstacle le plus important à une carrière, bien plus que quelques lacunes ici et là dans les savoirs théoriques.

J’en appelle donc à tous ceux et celles qui, ayant peut-être eu tendance à voir la vie étudiante comme un endroit de trippeux, par opposition à l’École, plus sérieuse, ont choisi de ne pas l’investir. Particulièrement, je vous invite au journal étudiant L’Intérêt : plusieurs projets se préparent et ils nécessiteront le concours de plusieurs personnes. L’effort à investir n’est pas énorme, il est juste assez grand pour permettre de bâtir quelque chose qui nous survivra sans pour autant vampiriser notre performance académique. Intéressé(e), mais dans le doute à cause d’un manque d’intérêt (sans vouloir faire de mauvais jeu de mots…) pour l’écriture? Les idées sont nombreuses, la somme des volontés est (presque) sans bornes; il ne manque plus que les vôtres!

Pour plus d’infos, n’hésitez pas à nous contacter.

Catégories: Édito

Tags: ,,,,,