Lancer sa start-up à 19 ans, possible ? Rencontrons Entrepotes…

Le logo d’Entrepotes, la plateforme d’entreposage collaboratif

Lancer sa start-up à 19 ans, c’est possible ? HEC Montréal est-elle une université propice au développement d’un projet entrepreneurial ? À quoi ressemble une vraie start-up étudiante ? Pour répondre à ces questions et bien d’autres, L’Intérêt est parti à la rencontre de Nylan qui, avec Ange et Vincent, a fondé Entrepotes, une jeune start-up montréalaise.

Nylan, notre interlocuteur et co-fondateur d’Entrepotes

L’enjeu principal [d’une startup collaborative], c’est de bien savoir établir le cadre du service qu’elle propose.

Nylan Raufaste, co-fondateur d’Entrepotes

I) Entrepotes : une analyse technique

• En quoi consiste Entrepotes ?

Tu sais pas où mettre tes cartons ? Va sur Entrepotes !

Entrepotes est une plateforme de mise en relation de particuliers. Basée sur l’entreposage collaboratif, elle permet aux individus de rentabiliser leur espace inutilisé afin que d’autres puissent en profiter, sans avoir à passer par un entrepôt classique. L’utilisation est très simple : il suffit d’aller sur le site et de déposer une annonce pour montrer l’espace que l’on possède, ou juste d’observer les annonces intéressantes pour entreposer nos affaires. Notre site web gère les transactions financières et permet aux individus de faire leur première prise de contact. Nous avons officiellement lancé Entrepotes il y a tout juste 5 mois !

• Qui sont les concurrents de ton marché et comment ta start-up s’en distingue-t-elle ?

Nos premiers concurrents sont les entrepôts classiques : les mini-entrepôts pour particuliers, les entrepôts mobiles, ainsi que les entrepôts plus traditionnels comme Uhaul. Spaceful (ancien Sharebee) se rapproche de notre dynamique collaborative mais Entrepotes sait se distinguer de tous ses concurrents. En effet, notre modèle d’affaires est unique dans ce secteur : nous misons sur la convivialité d’une plateforme d’annonces qui se veut simple mais révolutionnaire.
Si tu veux, l’idée c’est de se dire : « Tiens, j’ai quelques cartons à stocker avant de partir en vacances, comment faire ? » et de réaliser que juste au coin de ta rue une personne est disposée à s’en occuper !

Rencontre tes voisins !

Nos avantages concurrentiels sont donc les suivants :
– Les prix les plus bas du marché : on est prêt à s’aligner s’il existe plus bas.
– La localisation de proximité
– La convivialité, la simplicité et la sécurité du service

• Quel est votre modèle d’affaires ?

L’accès au site et le dépôt d’annonces sont gratuits pour tout le monde, cependant nous prenons une commission lors de la transaction entre le déposant (personne qui dépose ses affaires) et l’entrepote (personne qui entrepose ses objets) lors de la réservation d’un espace. Nos dépenses récurrentes principales sont, de manière décroissante : la maintenance du site web, les frais d’assurance et les campagnes marketing.

• Comment Entrepotes rend-t-elle son service sécuritaire ?

Ange Blecon, co-fondateur d’Entrepotes

Dans le service standard que nous proposons, le déposant est assuré gratuitement à concurrence de 4$ / pi2 de stockage. Une assurance complémentaire de 1500$ est également disponible au prix de 15$/mois pour les déposants qui le souhaitent. En dehors des accidents, les entrepotes sont quant à eux tenus responsables des biens qui leur sont confiés : ils doivent les entreposer dans des lieux isolés et s’engager à dédommager le propriétaire en cas de problème.

En ce qui concerne la plateforme web, les transactions financières sont supportées par un logiciel tiers qui garantit la sécurité financière de nos utilisateurs.

• Est-ce que selon toi Entrepotes s’inscrit dans une dynamique d’économie collaborative ?

Les start-up collaboratives donnent à l’individu les outils pour combler ses besoins

Oui tout à fait, et c’est selon moi le futur de beaucoup de services. On observe cette dynamique aujourd’hui avec le succès des plateformes telles que BlablaCar en France, Uber ou AirBnb. L’économie collaborative est un modèle dans lequel les services habituels sont offerts aux particuliers, mais pour moins chers. C’est un domaine qui a beaucoup de potentiel et pourtant beaucoup de projets collaboratifs échouent : je pense que l’enjeu principal est de bien savoir établir le cadre du service qu’on propose. Les start-ups collaboratives sont encore assez récentes, elles ont donc un côté inconnu et risqué, mais les lois évoluent et s’adaptent donc beaucoup d’opportunités n’attendent qu’à être saisies.

II) Entrepotes : Genèse, développement et perspectives

• De quelles ressources ton équipe et toi avez profité dans le développement d’Entrepotes ?

Seul, c’est très difficile de lancer une start-up. Nous avons débuté le projet à l’hiver 2020 et nous avons tenu à interroger des spécialistes, des professeurs, des professionnels en entreprise… Nous avons payé un avocat pour mettre des mots sur notre projet et le réaliser dans les normes légales.

HEC Montréal est l’endroit idéal pour lancer une start-up, il y est facile de prendre contact avec des professeurs de marketing ou d’entrepreneuriat par exemple, de rencontrer des étudiants entrepreneurs, de parler de ses projets… Notre culture universitaire est très propice à tout cela : j’ai récemment eu l’opportunité de parler d’Entrepotes au Mercredinnovation de la YEP, l’association d’entrepreneuriat d’HEC.

Pour développer sa start-up, il faut chercher du soutien !

Du côté financier, nous avons obtenu la Bourse d’Entrepreneuriat d’HEC Montréal en mai 2020 et nous comptons bientôt postuler au Parcours Rémi-Marcoux, le programme d’accompagnement des jeunes start-ups géré par François Poirier. En juillet 2020 nous avons également organisé une levée de fonds où nous avons récolté 15,000$ en 20 jours grâce au financement SAFE (Simple Agreement for Future Equity), une méthode assez novatrice créée initialement par le Y combinator, un incubateur de start-ups de la Silicon Valley.


• Quelles stratégies avez-vous utilisées pour faire connaître Entrepotes ?

Au début l’enjeu principal de tout projet réside dans sa capacité à se développer sans fonds. Il est selon moi important de miser d’abord sur les relations existantes en privilégiant la qualité plutôt que la quantité des interlocuteurs. Nous avons eu la chance d’avoir quelques personnes d’envergure qui ont soutenu notre projet dès ses débuts et ça a certainement fait la différence. On a également fait du porte-à-porte en distribuant des tracts un peu partout dans Montréal ! Par la suite le bouche à oreille a fait son travail, surtout sur un campus étudiant : nous avons décidé d’entrer en partenariats avec des associations étudiantes pour faire parler de nous. En parallèle, les réseaux sociaux ont évidemment été d’une grande aide pour commencer à créer une communauté et lancer notre première campagne marketing, une fois des fonds obtenus, avec des publicités sponsorisées sur les réseaux et même dans le métro !

• Quels ont été, ou sont encore, les plus grands défis d’Entrepotes ?

Vincent Ledez, co-fondateur d’Entrepotes

Je dirais qu’actuellement notre enjeu principal consiste à trouver des entrepotes qui louent leur espace : nous avons plus de déposants potentiels que d’entrepotes. Cela ne fait que 5 mois que nous sommes sur le marché mais nous remarquons déjà une forme de performance cyclique, généralement liée aussi au calendrier étudiant : l’été est une période de déménagements qui fonctionne bien alors que juste après le mouvement se ralentit pour reprendre au début de la session d’hiver. La COVID-19 nous a fait insister sur la sensibilisation auprès des particuliers mais heureusement, nous pouvons maintenir les activités. J’ai tout de même la fierté de pouvoir annoncer que début novembre nous avons pu constater notre premier mois de rentabilité ! Une jeune start-up en moyenne peut prendre au moins un an avant d’être rentable.

• Quelle est votre vision pour le futur d’Entrepotes ?

Pour continuer de se développer, il faut toujours avoir des objectifs de croissance !

Avec l’équipe on souhaite à terme simplifier l’image de l’entreposage au Canada : entreposer quelques affaires ne devrait pas être compliqué, lent et coûteux ! Nous avons aussi quelques projets que je vais vous dévoiler en avant-première… Nous comptons lancer en février un Service Express : service d’Entrepotes dédié aux réservations de dernière minute, du jour pour le lendemain. À l’horizon 2021 nous avons également l’ambition de lancer EntrePros : les services d’Entrepotes, adaptés aux professionnels !

D’ici septembre prochain nous tablons aussi sur un objectif de croissance principal : avoir 1000 membres actifs.

• Quel est ton Top 3 des meilleurs conseils pour un étudiant souhaitant lancer une start-up ?

#1 : Ne pas hésiter à aller chercher de l’aide et savoir bien s’entourer
#2 : Essayer de se mettre à la place des clients en vivant l’expérience qu’on propose et en recherchant toujours un maximum de retours et de feedback
#3 : Ne pas avoir peur de se lancer, surtout quand on est étudiant : on a du temps à côté des cours, il faut en profiter !

• Le mot de la fin ?

Lance-toi !

Monter son propre projet est une expérience d’une richesse incroyable. De mon côté j’en vois les fruits et j’ai eu par exemple le plaisir de pouvoir utiliser Entrepotes pour stocker mes propres affaires chez ma voisine d’immeuble ! Mon conseil final ? Lancez-vous.

Un grand merci à Nylan pour son témoignage, nous sommes ravis d’avoir pu découvrir Entrepotes plus en détail. N’hésitez pas à aller les soutenir en visitant leur site www.entrepotes.ca !

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