Intégrations jour 2 : De la farine et des jeux

Il est onze heures et le troupeau d’alpacas broute le peu d’herbe qui parsème encore le champ de l’enclos. La pelouse est bien plus fournie de l’autre côté des barrières, où un camion réfrigérant a pris sa place il y a peu. Son bourdonnement annonce une journée inhabituelle pour les étudiants de première année attendus en nombre et en feu pour le second jour des intégrations. Sur place, les associations préparent les épreuves sous l’œil bienveillant de Thibaut Sargenton, appuyé sur le camion tel un papa surveillant ses enfants. Les ateliers prennent forme lorsque les premiers bus scolaires se garent. Par les fenêtres résonnent les chants scandés par les premiers groupes. Les portes s’ouvrent et par elles se déversent des vagues de rookies parfois intimidés, souvent survoltés. La majorité reste hésitante malgré l’émergence de quelques personnalités : Lirone avec le 10, Eliot parmi le 11, Philippe et les douziens…

Il est environ 13h lorsque les intégrateurs organisent leurs troupes en ordre de marche. Il est temps de s’attaquer au beurrage. À ce jeu existent plusieurs stratégies : le shampooing, la file indienne, la séparation filles/garçon façon Moïse… Chacun sa recette. La pluie peut enfin s’abattre : œufs, farine, sauce soja, molasse, etc. Les rookies se retrouvent au cœur d’un nuage fétide. S’ils s’attendaient à subir la loi des intégs, ils ne se découragent pas lorsque vient le moment de se coller les uns aux autres. Les cris se mêlent, les corps se frottent, les esprits s’échauffent.

 

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L’horloge sonne 15h lorsque les rookies, débarrassés de leur inhibitions, s’en vont affronter le véritable parcours du combattant concocté avec amour par les associatifs. Faisant tantôt la part belle au sport et au dépassement de soi, tantôt à l’abnégation et la résistance des nouveaux, les épreuves tournent autour d’une seule et même interrogation : « Jusqu’où irez-vous? ». Les rookies répondent à ce défi avec tant d’ardeur que certains groupes s’émancipent après avoir épuisé leurs intégs et excellé dans les épreuves. D’autres sont assez remarquables pour attirer l’attention du CSL : le 13, le 3 ou encore le 14. Nous autres, rédacteurs de l’Intérêt, tenions d’ailleurs à féliciter les groupes ayant passé avec succès notre atelier, et à nous excuser envers les quelques malheureux ayant mal interprété les règles de celui-ci : désolé Tiffany!

Le déroulement des festivités donne lieu à quelques situations cocasses. Je tiens à partager notamment l’image de ce jeune homme à l’air totalement perdu qui déambulait sans but en croquant à pleines dents dans son oignon juteux. Un signe aussi pour cet inconscient recouvert de molasse qui, ignorant les lois les plus fondamentales du beurrage, harcelait et menaçait ses integs. Et je souhaite remercier ce héros qui était assez « enthousiaste » pour lancer les chants de son groupe malgré son ignorance frappante de la suite de la chanson.
Vous avez, à votre façon, contribués à la fête que doit être, et a été, le beurrage.

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Les derniers groupes finissent de se mesurer aux redoutables toilettes de l’ARV lorsque sont montées les douches. Les désormais intégrés profitent des derniers moments de liberté corporelle que leur procure la crasse avant de se diriger vers la fin de la journée, empaquetés dans des sacs poubelle et couplés dans les bus pestilentiels. Les bénévoles ramassent les derniers déchets qui parsèment le champ lorsque les convois prennent la route du retour. Le camion réfrigérant, plus léger qu’au matin, finit le cortège et abandonne les alpacas qui ont cessé de brouter.
Il semblerait que le spectacle des rookies 2015-2016 ait suffi à les envoyer dormir.

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