Ici, on ne simule pas

Récit d’une journée agitée à l’occasion de la 12e édition de la simulation de l’OMC. Un événement organisé par la Société des Relations d’Affaires, une association d’HEC Montréal.

Samedi 21 Mars, à 8h30. L’assemblée se réunit et la présidence dirige. En préambule des débats, on échange des regards, on répète son discours et on scelle les dernières alliances. Entre costumes croisés et tailleurs ajustés évoluant au sein du prestigieux club Saint-James, ici, on ne simule pas.

« Êtes-vous avec nous ? Ou contre nous ? ».

simulation_omc9h00 : La délégation de l’Afrique du Sud s’indigne, car « l’abaissement des barrières tarifaires n’est pas toujours dans l’intérêt des membres de l’OMC ! ». La salle s’anime, le silence et la bonne tenue étant de rigueur, on mesure le pouls de l’assemblée au nombre de petits papiers échangés. On retrouve certaines questions : « Quelle est votre position ? » trouvée sur certains billets qui se perdent, « Boycottons l’amendement de l’Inde ! » ou encore « Êtes-vous avec nous ? Ou contre nous ? ».

Après une rapide présentation des amendements proposés aux débats du jour, on discute puis on vote. Multilatéralisme, libre-échange, agriculture ou encore développement des PMA. Tous les sujets sont discutés, mais peu sont débattus devant l’assemblée. La majorité des propositions étant filtrée par l’épreuve du « caucus non modéré », débat informel entre les délégations en marge de la séance. En réalité, c’est à ce moment que les décisions sont prises. On rédige des propositions d’amendements, on argumente, on promet entre deux poignées de mains ; c’est la condition d’une trahison dans le respect du protocole. Après vingt minutes, la séance reprend. On vote l’ordre du jour. L’humeur de l’assemblée se dessine à travers les amendements laissés de côté plutôt que ceux qui animent les débats. Aujourd’hui ce sera la création d’une cour d’appel commerciale internationale et, entre autres, l’établissement d’un contrôle a priori et a posteriori des accords multilatéraux.

12h00 : La séance est suspendue pour la collation. Les délégations en manque d’appuis pour leurs motions échangent leur pauses déjeuner avec une séance de négociation. Rien n’est laissé au hasard. Après la mi-temps, les débats reprennent. On commence par l’audacieux amendement indien qui essuie un cuisant échec après un coup de théâtre inattendu, une leçon de politique. On passe à la proposition suivante, les débats continuent.

« Vous n’êtes pas à la hauteur de votre président Vladimir Poutine »

Après six heures à lutter sur les détails de chaque proposition, la tension se fait sentir. On vote à la volée l’amendement proposé conjointement par l’Ukraine, le Maroc, l’Allemagne et la Chine ; ce sera le seul terrain d’entente de la journée. La séance se conclut par une altercation entre la France et la Russie. « Vous n’êtes pas à la hauteur de votre président Vladimir Poutine » fustige le délégué français qui reçoit en retour « et vous, vous êtes tout à fait à l’image de François Hollande !». La salle applaudie pour la première fois et la dernière fois de la journée. La séance est ajournée.

Catégories: Compétitions

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