Les femmes: Majoritaires, pourtant minoritaires

Il y a deux semaines avait lieu la journée internationale des droits des femmes, un événement fort célébré à travers la province. Je saisis cette opportunité pour écrire une petite chronique faisant suite au texte de Céline Gemmel qui peignait l’an dernier un portrait assez sombre de l’implication des femmes ici au HEC Montréal. Il est vrai que la sous-représentation des femmes dans les postes de direction d’associations étudiantes l’an dernier était assez marqué: il n’y avait que deux présidentes parmi les 15 comités de l’AEHEC et une seule représente dans l’exécutif de l’association mère. Cette année, la situation est quand même drastiquement différente: la moitié des comités sont présidés par des femmes et le nombre de femmes dans l’exécutif de l’AEHEC a doublé (1+1=2…). Par ailleurs, l’augmentation de la représentativité des femmes au niveau des postes d’influences de la vie étudiante semble vouloir se continuer l’an prochain avec 6 candidates (sur 14) se présentant aux élections de l’AEHEC. Ainsi, il serait possible d’avoir un exécutif de l’AEHEC paritaire, du jamais vu.

Or hormis cette année, je ne crois pas déjà avoir vu autant de filles se présenter aux élections, alors que pourtant elles sont depuis longtemps très impliquées dans les divers comités d’intérêts. Effectivement, il est quand même important de noter que seules 3 filles ont présidé l’AEHEC, l’association mère qui représente l’ensemble des étudiants du BAA du HEC depuis maintenant 50 ans. Comparativement, on voit que plusieurs comités sont présidés par des femmes, et ce depuis déjà plusieurs années. Par ailleurs, si on se compare à d’autres associations étudiantes de faculté de gestion comme la nôtre, on peut observer que la participation féminine à l’AEHEC est nettement moins élevée. Par exemple, au niveau de l’AéSEG (association étudiante de l’ESG), les exécutifs des dernières années sont quasiment toujours paritaires et ils ont eu deux présidentes au cours des quatre dernières années. Au niveau de McGill, même si la parité n’est pas atteinte cette année, on assiste tout de même à une importante représentation des femmes, en plus d’avoir une présidente. Ainsi, malgré ce qui semble être une hausse récente de la représentation des filles dans les postes d’exécutif d’association étudiante, HEC accuse un retard par rapport aux autres facultés similaires.

Exécutif 2015-16 de l’AéSEG (5 filles sur 8 membres)

Ce constat est quand même décevant et révèle peut-être un problème quant à ce qui est attendu présentement par les dirigeants des différentes associations. Effectivement, même si ce n’est pas écrit nulle part, plusieurs s’entendront pour dire qu’on s’attend à ce que les présidents (ou présidentes) de comités soient présents à l’ensemble des activités et se démarquent parmi la masse étudiante plutôt que d’exiger principalement que ces derniers soient compétents et puissent mener à bien la mission de leurs comités. Lorsque interrogé sur ce qui expliquerait la faible représentation des femmes au sein de l’AEHEC, certains membres de l’équipe actuelle m’ont clairement expliqué que selon eux la cote de popularité est certainement un des éléments les plus importants pour gagner les élections. Si c’est bel et bien le cas, on perd plusieurs candidats potentiels très bons qui n’oseront pas se présenter. Par ailleurs, les deux filles de l’équipe actuelle semblaient être en accord avec le fait que la popularité est plus difficilement acquise pour une fille ici au HEC, puisque ceci implique de se distinguer de la masse étudiante lors d’évènements qui par construction sont peut-être plus masculins (ex: jeux d’alcool, olympiades, multisports, etc.), notamment en première année lors de la course du GRA. Ne pensez pas que je suis en train de dire que les candidats actuels aux élections ne sont pas compétents, je souligne simplement le fait que l’effet popularité, qui est principalement obtenu par les étudiants en se présentant à l’ensemble des activités, est une barrière importante pour plusieurs candidats potentiellement très qualifiés, notamment les filles pour qui cette popularité peut être plus difficilement acquise.

Je profite maintenant de la dernière section de ma chronique pour demander sérieusement pourquoi il ne serait pas envisageable de faire de la discrimination positive pour augmenter la présence des femmes au niveau de l’AEHEC. Je sais que plusieurs ne considèrent pas cette option possible du fait qu’il n’y a déjà pas assez de candidatures pour avoir deux candidats par poste de l’exécutif mais je crois justement que le fait d’assurer une représentativité minimum des femmes (et des hommes, question d’être équitable et cohérent) augmenterait justement la participation de ces dernières. Il me semble effectivement que l’AEHEC devrait se poser sérieusement la question et potentiellement mener un débat public sur le sujet car au final, il n’est quand même pas normal qu’année après année, l’association mère du HEC n’arrive même pas atteindre la parité au sein de son exécutif alors que plus de la moitié des étudiants sont des femmes.

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