Fashion Spectrum, au-delà de la compétition académique

Retour sur la compétition

Résoudre en 24h un problème de gestion rencontré par les entreprises partenaires, tel était le défi posé aux délégations issues des 6 universités canadiennes engagées dans la compétition Fashion Spectrum. L’édition 2022 cependant, a poussé l’expérience au-delà de la traditionnelle résolution de cas, allant chercher un public plus large avec des activités concrètes et étroitement liées à l’industrie de la mode. Retour sur cette fin de semaine du 12 au 16 janvier.

Le quiz 23 questions avec Fashion Spectrum ouvre le bal le jeudi, et donne l’occasion pour les étudiants ne faisant pas partie d’une délégation de rencontrer les partenaires et d’en apprendre plus sur le spectre de leurs activités. Il en va de même concernant la journée du vendredi, qui est entièrement consacrée aux activités de recrutement. Simons, Dynamite, ainsi que les partenaires pour la résolution des cas, étaient de la partie. L’OBNL Vêtement Québec, qui organise l’expo-carrière RH Mode, était aussi présente pour conseiller les étudiants sur l’approche à adopter pour trouver sa place dans l’industrie de la mode en tant que jeune diplômé.

Partenaires de cas édition de l’édition 2022

Ces activités entièrement consacrées à la mode sont complétées par une formation au case-cracking par le Club de Consultation en Management de HEC, qui prodigue de derniers conseils aux délégations avant le début de la phase de résolution.

Nouveauté de cette année, une délégation d’étudiants en maîtrise était employée à la résolution d’un cas complet de consultation sur une durée de 2 semaines, dans le but de pouvoir approfondir leur réflexion et présenter une solution approfondie à la compagnie partenaire.

C’était l’occasion unique d’approfondir mes compétences et d’employer ma passion du marketing et de la mode pour la résolution d’un cas, dans un cadre professionnel et réaliste.

LéAnne Debois, étudiante à ULaval

Un pied dans les universités, l’autre dans l’industrie

Dans son ensemble, le comité a donc une visée plus large que la conception et la réalisation d’une compétition académique. C’est cette volonté constante de connecter la mode et les affaires, de mettre la gestion au service de la création, que portent les membres du comité organisateur. Issus de 6 universités canadiennes -McGill, Concordia, l’UQAM et HEC à Montréal, l’université de Laval à Québec et l’université Dalhousie en Nouvelle-Écosse- les étudiants impliqués dans la création de l’événement ont pour mission de créer ce pont entre l’industrie de la mode et les étudiants universitaires en canalisant leurs compétences dans une industrie en besoin de talents.

Et c’est cette connexion entre l’environnement de résolution académique à la réalité des entreprises partenaires qui a fait le succès du projet. Combien de fois a-t-on l’occasion de se glisser dans la peau d’une équipe de consultation pour présenter une solution à un problème réel devant des professionnels dont l’exigence n’a d’égal que le prestige de la marque qu’ils servent chaque jour ? Pour Léanne Deblois, étudiante à l’Université de Laval, c’était « l’occasion unique d’approfondir mes compétences et d’employer ma passion du marketing et de la mode pour la résolution d’un cas, dans un cadre professionnel et réaliste ».

Le comité organisateur veille à cette immersion tout au long de la compétition et définit un règlement très strict pour protéger les données sensibles contenues dans les cas des entreprises, ainsi que pour empêcher le favoritisme ou l’asymétrie d’information. Pendant toute la résolution, « les délégations ne peuvent pas contacter directement l’entreprise avec des questions sur le cas. Les questions et leur réponse sont visibles par toutes les équipes sur la plateforme en ligne, et les interactions auprès des partenaires sont anonymisées afin que les jurés ne puissent pas associer une délégation à l’université qu’elle représente », expliquent Justine Paquet et Helen Mai, co-présidentes de l’édition 2022.

2022, tournant majeur pour la mode ?

L’édition 2022 du Fashion Spectrum s’est déroulée à l’heure d’un tournant majeur pour l’industrie de la mode. Les impacts de la crise sanitaire vont redéfinir la manière dont les produits sont créés, fabriqués, vendus. La gestion opérationnelle est façonnée par la croissance fulgurante des ventes en ligne, et une compréhension juste des avalanches de données générées par les réseaux sociaux est aujourd’hui indispensable. Les questionnements sociaux et environnementaux, eux aussi, ont mûri pendant les mois de lockdown. Comment évolueront les stratégies marketing dans un monde où l’on remet profondément en question notre manière de consommer? Comment représenter sa marque tout en s’inscrivant dans une logique de développement durable, dans un monde à l’aube de l’ère post-covid ? Nombre de défis que les gestionnaires de demain vont devoir relever avec créativité et rigueur dans les années à venir.


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