Entrevue avec Victor Racicot, étudiant en troisième année à HEC Montréal

Victor Racicot, étudiant en troisième année à HEC Montréal.

Victor Racicot, étudiant en 3e année en double spécialisation Marketing & Ressources Humaines, entame son double-baccalauréat en administration des affaires avec optimisme et s’avance sur la scène de L’intérêt pour nous faire part de son point de vue. Ancien étudiant du parcours AGIR, il a fortement contribué à l’écosystème associatif d’HEC Montréal en jonglant entre les rôles de président de groupe dès sa 1ère année puis à titre de membre de l’escouade du comité Promotion à sa 2e année. En plus de sa passion pour le sport, les jeux-vidéos, les livres et la musique, sa vision de la réintégration progressive sur le campus de HEC s’annonce représentative de la pensée collective des étudiants. 

Comment imaginais-tu le retour en présentiel à HEC Montréal ? Aurais-tu pensé que cela aurait été possible quelques mois plus tôt ? 

Il y a quelques mois, il m’était simplement impossible d’envisager le retour à l’école du fait de la situation pandémique que traversait le monde. J’avais certes des attentes et un brin d’espoir quant à la réduction des mesures sanitaires pour la suite, mais mes espérances n’étaient pas si élevées pour concevoir un retour complet sur le campus. Entre les promesses redondantes du gouvernement, un retour partiel et des classes en commodal alternant entre synchrone et asynchrone, il est clair que l’année n’a pas été de tout repos. Néanmoins, je suis bien heureux de ne plus être cloîtré chez moi et de reprendre le chemin vers une vie étudiante plus dynamique. 

Quels sont selon toi les défis majeurs d’un tel retour en présentiel ? 

En tant qu’étudiant, parmi les principaux défis que je pourrais vous citer figurent certainement tout ce qui se rattache aux bouleversements de la routine. Avec un retour en présentiel, on bascule d’un quotidien où l’on dormait plus longtemps à l’habitude de se lever plus tôt. C’est aussi le cas pour les évaluations qui s’annoncent être un challenge supplémentaire puisque la majorité incombe la présence physique des étudiants dans les salles d’examen. Bien qu’on ne se soit pas complètement décommandé des évaluations en ligne, les quiz comptent pour un infime pourcentage de la note totale contrairement à ce qu’ils valaient l’année passée. 

Ce qui me semble être un point non négligeable est que l’accès à plusieurs sources d’information pendant l’examen (notes de cours, feuilles de formules, ressources externes, etc.) soit asymétrique d’un cours à l’autre. D’une manière similaire, les examens qui reposent sur le principe des questions à choix multiples (QCM) font toujours débat qu’ils soient tenus en ligne ou en présentiel, ce qui suppose de remettre en question le principe, les critères et les méthodes d’un tel type d’épreuve. Peut-on réellement juger de l’assimilation des apprentissages d’un.e étudiant.e en le/la limitant à un choix de réponses prédéfini ? Selon moi, cela encourage plutôt l’apprentissage par cœur et freinerait le développement de l’esprit critique, ce qui serait finalement contre-productif. 

Toutefois, on ne peut le nier :  l’apprentissage des notions et les capacités de mémorisation sont désormais plus que requises autant dans les disciplines qualitatives que quantitatives. Les standards universitaires se sont en quelques sortes rééquilibrés et nous sommes sur la voie de la réadaptation et de la réappropriation des modes d’évaluation traditionnels. 

Quelles ont été tes principales appréhensions quant au retour en présentiel ? Avais-tu des craintes liées à la pandémie, au retour des camarades, à l’abolition des mesures sanitaires restrictives ? 

Le retour physique sur le campus a suscité en moi et en une majorité d’étudiant.e.s, un sentiment indescriptible au croisement de la hâte et de l’appréhension. Ce retour n’est pas seulement synonyme de nouvelle année universitaire. Il incombe aussi un retour à la vie sociale et conduit à renouer avec des personnes que l’on n’a peut-être jamais rencontrées dans la réalité. 

Néanmoins, des craintes ont émergé sur un aspect plus scolaire, du fait du changement des modes d’évaluation et l’accès restrictif aux ressources d’informations, comme je l’ai évoqué précédemment. L’enjeu de la motivation étudiante est difficile à cerner parce que l’on est, pour la plupart, mitigé entre la réunion avec nos pairs et nos professeurs d’un côté, et la mise en place d’épreuves inadéquates aux attentes collectives, de l’autre.   

Crois-tu en un lendemain COVID et à un retour complet à la normale d’ici quelques mois ? HEC pourrait-elle retrouver le même dynamisme et la même effervescence qui la définissait avant la pandémie ? 

D’ici quelques mois, j’entrevois personnellement un retour assuré et revitalisant à la normale pour HEC Montréal et les instances qui la composent. De mon point de vue, la vie associative a un très grand rôle à jouer pour acheminer la communauté étudiante vers une reprise de l’ordinaire. Malgré les obstacles considérables pour redéfinir le fonctionnement de la dynamique associative, les comités sont à la tête de stimuler l’intérêt des étudiants comme l’a d’ailleurs très bien démontré l’association VISA (Vivre Intensément de Sport & d’Aventures) en début septembre. 

Bien que les 3e années commencent à se faire rares dans le microcosme des associations, les 2e années du B.A.A. sont plus que jamais engagés à faire revivre la flamme associative. Je suis d’avis qu’il faut veiller à l’intégration de tous et que les plus avancés du programme devraient s’adonner à transmettre leurs connaissances (contacts, réseau, conseils) aux plus novices dans le but de consolider la richesse distinctive de HEC Montréal. L’orbite associatif de l’École figure parmi ses points de différenciation et propulse sa renommée et son rayonnement depuis toujours.   

Quel est ton ressenti face aux efforts que déploie HEC Montréal pour veiller à la santé, la sécurité et le bien-être de sa communauté ? 

Je suis convaincu que l’École effectue du très bon travail en procurant l’équipement sanitaire nécessaire pour la sécurité citoyenne face au virus (masques, gel hydroalcoolique, etc.). De façon analogue, certains services pourraient davantage être accentués notamment le service de soutien psychologique qui pourrait proposer un accompagnement sur le moyen long-terme aux étudiants dans le besoin de s’exprimer et de se confier sur leurs situations. 

La santé mentale a été un sujet de prédilection et s’est dévoilée au cœur des préoccupations de HEC Montréal. Les communications incluent des alternatives de soutien à l’interne comme à l’externe. À la vue d’un retour pratiquement subit, il faudrait songer à amplifier les ressources et la sensibilisation à la prospérité psychologique. Nous disposons de services incomparables à HEC Montréal et d’une vie associative qui forgent le cœur de l’école de façon unanime. 

En définitive, HEC Montréal continue à piloter le tant attendu retour en présentiel et coopère main dans la main avec sa communauté pour lui garantir une période de réagencement harmonieuse. 

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