Entrevue avec Sylvain Perron, directeur du programme de Baccalauréat en Administration des Affaires de HEC Montréal

Sylvain Perron, directeur du programme de Baccalauréat en Administration des Affaires.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots, nous expliquer votre fonction à HEC Montréal ?

Pour me décrire brièvement, je dirais que je suis enseignant depuis 1998 et que j’ai la chance, depuis 2016, de combiner ce rôle à celui de directeur du programme de Baccalauréat en Administration des Affaires.  

En tant que directeur, je dois superviser le volet pédagogique du B.A.A. Mon but est de réfléchir à la structure du programme mais aussi sa cohérence tout en veillant à optimiser l’expérience et l’épanouissement des étudiants.  

Pour cela, je suis accompagné et je collabore avec de nombreuses parties prenantes de HEC Montréal comme le registrariat, la direction administrative mais aussi le comité des programmes et les différents coordonnateurs, comme Karine Deshayes, pour l’année préparatoire.  

Finalement, cette double casquette – professeur et directeur – me permet de visualiser ce retour en présentiel de différentes perspectives et d’appréhender différents enjeux.  

Comment imaginez-vous le retour en présentiel à HEC Montréal ? Auriez-vous pensé que cela aurait été possible quelques mois plus tôt ?  

Honnêtement le retour en présentiel, mes équipes et moi, nous commencions à l’envisager et le préparer dès le début du printemps 2021. Nous avions espoir de pouvoir accueillir les étudiants à nouveau au sein de l’école dès septembre, mais les incertitudes demeuraient grandes.  

Plusieurs facteurs doivent être pris en compte, et aucune décision hâtive ne devait être prise. Il a fallu s’accommoder pour que les consignes et mesures imposées par le ministère et le système de la santé publique soient appliquées tout en prenant en compte les enjeux étudiants. Par exemple, trouver des accommodements pour les étudiants internationaux se trouvant ralentis dans leurs démarches administratives.  

Cela a également demandé une forte collaboration interne. Au-delà de la direction, prévoir un retour progressif en présentiel sous-entend de nouvelles méthodes d’enseignement, comme le mode commodal. De nombreuses équipes comme le service TI, le service de l’audiovisuel et la direction de l’apprentissage et de l’innovation pédagogique ont, de ce fait, été des ressources précieuses. Bien sûr, la mise en œuvre de ce retour en présentiel a nécessité beaucoup d’efforts, de préparation et d’adaptation du personnel enseignant de l’école. Je suis très reconnaissant pour le travail remarquable accompli par les enseignants depuis le début de cette crise.    

Quels sont selon vous les défis majeurs d’un tel retour en présentiel en tant que membre de l’administration ?  

L’expérience étudiante était au cœur de nos pensées, mais nous n’étions pas forcément très inquiets quant à son bon déroulement. L’année dernière a permis de souligner l’ingéniosité et la résilience de nos étudiants, du corps professoral et des services annexes.  

Malgré la distance, nous avons réussi à favoriser l’intégration des étudiants de première année dans leur cohorte, et dans la grande famille HEC Montréal par extension. Une collaboration transversale, impliquant les enseignants, les comités, une rétroaction constante de la part des Vice-Présidents académiques nous a permis de réussir haut la main les intégrations en ligne.  

De ce fait, si nous avons réussi en étant tous séparés, je n’ai aucune appréhension quant à la réussite d’adaptation de nos étudiants concernant ce retour en classe.  

 Quelles ont été vos principales appréhensions quant au retour en présentiel ? Aviez-vous des craintes liées à la pandémie, au retour des collègues, à l’abolition des mesures sanitaires restrictives ? 

La collaboration et les partages fréquents avec le reste des membres de HEC Montréal a permis d’aborder ce tournant sans trop d’appréhensions. La communication et la planification étant de mise, une harmonie et une vision commune se sont très rapidement instaurées auprès de tous les acteurs de l’école.  

Je ne peux pas parler d’efficacité, sans aborder le travail des agents de sécurité et d’entretien. Ils nous permettent d’accueillir des étudiants dans des lieux sûrs et nettoyés le plus fréquemment possible.  

Aujourd’hui, nous avançons pas à pas, notre priorité restant la santé et le bien-être collectif. Pour cela, nous faisons preuve d’agilité et d’adaptabilité. Nous communiquons fréquemment et restons alignés aux recommandations des autorités gouvernementales. Alors, certes, il faut rester vigilants et attentifs, néanmoins mes craintes restent minimes quand je vois une telle collaboration.  

Croyez-vous en un lendemain COVID et à un retour complet à la normale d’ici quelques mois ? Selon votre opinion, HEC pourrait-elle retrouver le même dynamisme et la même effervescence qui la définissait avant la pandémie ?  

Le rôle d’une école de gestion est de savoir s’adapter, de rester dynamique et effervescente malgré tout. HEC a toujours été une école axée sur l’innovation, ce n’est pas pour rien que l’innovation et l’audace sont des termes que l’on retrouve dans la vision et les valeurs de l’école.  

Nous l’avons démontré depuis le début de la pandémie, nous sommes résilients et savons favoriser la fédération et l’entraide traverser quelconque crise.  

Je pense notamment à la rapidité avec laquelle nous avons basculé tous nos cours en ligne à l’hiver 2020, à la mise en place de Zone d’Apprentissage en Présentiel qui ont permis de réunir les étudiants dans un environnement sécuritaire au plus fort de la crise à l’automne 2020, au programme de mentorat mis en place par ma collègue Karine Deshayes durant l’année 2020-2021 qui a permis aux étudiants étrangers admis à l’année préparatoire d’intégrer la famille HEC malgré la distance. 

La conclusion que nous devons tirer de ces observations c’est, qu’aujourd’hui, définir la normalité est impossible, mais nous ne pouvons pas dire que notre école a perdu son dynamisme ou son effervescence. À notre instar, elle s’est renouvelée et elle continue avec ce retour progressif en présentiel.  

Pour moi, le cœur de HEC Montréal bat à pleine allure et cette année nous réserve un grand nombre de surprises ! À nous de savoir rester à l’affût tout en continuant de suivre les indications des autorités compétentes.   

Quel est votre ressenti face aux efforts que déploie HEC Montréal pour veiller à la santé, la sécurité et le bien-être de sa communauté ?  

HEC Montréal est une grande famille, nous veillons les uns sur les autres. Aujourd’hui, quand je prends du recul, je ne vois que des êtres veillant à la santé et au bien-être de leurs camarades, élèves et collègues. 

Nous avons un but commun : un environnement sécuritaire pour tous. C’est en collaborant que nous réussissons à faire de HEC Montréal un endroit propice à la santé, la sécurité et à l’épanouissement.  

Au-delà du travail admirable de nos agents de surface, nous pouvons souligner les diverses ressources comme le programme de mentorat, le soutien d’aide psychologique ou encore le soutien à la réussite scolaire qui permettent à nos étudiants d’évoluer dans une sphère bienveillante et à l’écoute. 

Pour conclure cette entrevue, j’aimerais m’adresser directement aux étudiants :   

Il est important de continuer à faire preuve de résilience et de patience car ça va bien aller ! Je suis ravi de pouvoir à nouveau vous croiser -masqués- dans les couloirs, je vous remercie et je vous souhaite un bon retour en présentiel.  

Sylvain Perron, directeur du programme de B.A.A
2