Entrevue avec Marie-Christine Albert, maître d’enseignement au département de management

Marie-Christine Albert est maître d’enseignement au département de Management et coordonnatrice de cours au certificat à HEC Montréal. De son regard d’enseignante au premier et deuxième cycle, celle-ci nous livre sa perspective sur le retour en présentiel en abordant les défis et les enjeux escomptés d’une telle transition vers « la normale ». 

Marie-Christine Albert, maître d’enseignement au département de management.

Comment imaginez-vous le retour en présentiel à HEC Montréal ? Auriez-vous pensé que cela aurait été possible quelques mois plus tôt ? 

À l’automne 2020, vu l’évolution de la pandémie, je n’étais pas convaincue que nous allions pouvoir poursuivre l’année en enseignement en commodal et effectivement, nous sommes retournés dans un mode à distance. En revanche, à l’automne 2021 à la demande du Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement Supérieur et grâce aux mesures entreprises par HEC Montréal, le retour s’avérait nettement plus réaliste et favorable et ce, bien qu’une 4e vague était annoncée.  

Pour ma part, j’étais enthousiaste à l’idée de retourner enseigner en classe. Malgré certains avantages de l’enseignement à distance – notamment l’utilisation de la technologie pour optimiser les apprentissages, les modes de communication variés pour impliquer les étudiants et bien sûr la flexibilité – le contact direct avec les étudiants et mes collègues me manquaient. Saluer des visages familiers à la cafétéria, se croiser dans les corridors et échanger spontanément… bref tous ces petits moments qui enrichissent un quotidien et qui font que je sens que je fais partie d’une communauté.

Quels sont selon vous les défis majeurs d’un tel retour en présentiel pour un membre de l’administration ? 

Selon moi, le premier défi pour les enseignants est la réadaptation au mode d’enseignement en présentiel.  Comment gérer les attentes des étudiants qui ont goûté à de nouveaux styles d’enseignement et qui peuvent y avoir trouvé certaines satisfactions ? Comment créer un contact avec eux, malgré les masques ? Comment les accompagner dans cette nouvelle réalité non seulement en classe mais aussi sur le marché du travail ? 

Le deuxième défi pour les enseignants est la gestion de cours et de classe en tenant compte des nouvelles mesures mises en place : comment accommoder un(e) étudiant(e) à la demande du Registrariat, comment intervenir en cas de non-respect des mesures sanitaires, etc.  Heureusement, nous sommes bien soutenus dans notre encadrement et nous avons accès à beaucoup d’informations et de conseils.  

Quelles ont été vos principales appréhensions quant au retour en présentiel ? Aviez-vous des craintes liées à la pandémie, au retour des collègues, à l’abolition des mesures sanitaires restrictives ? 

« Allons-nous retourner en confinement ? » a certainement été l’une des questions que je me suis posée lorsqu’on a émis l’annonce officielle d’un retour en présentiel. D’autres interrogations sont également survenues : « Comment les étudiants vont réagir aux mesures mises en place ? ; Comment allons-nous gérer les cas spéciaux d’accommodement ? » 

Malgré ces appréhensions, j’étais admirative des démarches d’encadrement et d’accompagnement qu’implantait HEC dans ce contexte de nouveauté et d’incertitude.  L’École a eu des décisions importantes, complexes et difficiles à prendre. Impossible de faire l’unanimité, mais j’ai senti ce désir sincère d’explorer la situation sous l’angle de toutes les parties prenantes. 

Croyez-vous en un lendemain COVID et à un retour complet à la normale d’ici quelques mois ? Selon votre opinion, HEC pourrait-elle retrouver le même dynamisme et la même effervescence qui la définissait avant la pandémie ? 

Honnêtement, je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve, mais la pandémie a certainement ouvert la réflexion sur l’enseignement à distance et le télétravail. En fait, je crois que nous ferons face à une «nouvelle normalité» et nous avons l’opportunité d’y contribuer. L’énergie des étudiants, leur résilience et leur recherche d’interactions sociales font que l’École retrouve graduellement l’effervescence et le dynamisme qui la définissent depuis toujours. Le retour graduel du personnel administratif et enseignant également.  

Comme enseignant et si je regarde le côté positif de la situation, l’enseignement à distance nous a permis d’innover et de continuer à développer nos compétences en pédagogie et en andragogie. Nous gagnons à préserver et transférer ces apprentissages. L’École et nos étudiants ne peuvent qu’en bénéficier. 

Quel est votre ressenti face aux efforts que déploie HEC Montréal pour veiller à la santé, la sécurité et le bien-être de sa communauté ? 

Je ne peux que me montrer satisfaite et confiante face aux efforts déployés par HEC Montréal. Si vous saviez tout le travail en coulisse qui a été effectué pour accompagner les étudiants et les enseignants!   

Je ne remercierai jamais assez les personnes qui nous soutiennent dans cette expérience, notamment nos directeurs et directrices de département et de programme et nos experts en pédagogie (la DAIP). Je demeure confiante et rassurée par les initiatives qu’engage l’École pour veiller au succès de notre institution ainsi qu’à la santé et à la sécurité de tous.   

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