Définancement, démocratie : le sort du journal francophone de McGill

Le Délit, seul journal francophone de l’université McGill risque de définitivement mettre la clé sous la porte en raison d’un financement qui risque de leur être retiré. En effet, du 14 au 18 novembre, les étudiants de l’établissement anglophone voteront au sujet du financement de divers comités étudiants, dont le journal qui donne une voix à la minorité d’étudiants francophones de l’établissement depuis 1977.

Selon Rafael Miro, ancien éditeur pour Le Délit, ce vote risque fortement de leur être défavorable. En effet, un sentiment francophobe serait pesant au sein de l’institution, 20% du corps étudiant de McGill est francophone et ils ne se sentiraient pas tout le temps les bienvenus.

Le journal requiert un financement qui équivaut à 3$ par étudiant. Ce financement serait nécessaire car il est très dur, voire impossible, de maintenir un journal étudiant hebdomadaire sans financement supplémentaire et l’avènement des réseaux sociaux aurait décuplé cette problématique. En effet, les revenus publicitaires du Délit auraient été divisés par 10 dans la dernière décennie. Mettre fin au financement du journal reviendrait donc à pousser son équipe à mettre la clé sous la porte.

Les journaux étudiants ont historiquement porté le regard des communautés estudiantines vers des enjeux souvent snobés par les médias traditionnels. Ils ont été au front de plusieurs mouvements sociaux qui ont contribué au développement de la société québécoise. Je pense notamment au Printemps Érable, qui n’aurait jamais eu un traitement médiatique juste si les différents corps étudiants du Québec ne s’étaient pas mobilisés contre les campagnes de salissage des médias traditionnels.
Ce sont des équipes de rédaction étudiantes, indépendantes et engagées qui nous servent de principales sources d’information alternatives car elles nous proposent de mettre en lumière des points de vue différents, comme le fait Le Délit depuis maintenant 45 ans.

La rédaction de l’Intérêt se montre solidaire avec celle du Délit. Donner une voix aux communautés minoritaires est une des conditions opérantes d’une vraie démocratie, nous avons donc besoin de conserver et de soutenir les associations qui nous permettent de la renforcer.

Nous invitons les étudiants de McGill à voter pour le financement du Délit jusqu’à vendredi. Continuons de s’assurer que tout chacun ait un lieu où sa voix sera entendue !

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