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Rouge Cabaret

08
oct
2010

Le monde effroyable et beau d’Otto Dix

« Je n’ai jamais donné par écrit des informations me concernant puisque, comme un coup d’œil vous l’apprendrez, mes tableaux informent mieux que tout ce que vous pourriez trouver sur moi aujourd’hui. »

Peinture tirée du Bordel

Voici les paroles d’OTTO DIX, ainsi que les premiers mots que l’on peut lire sur lui en entrant dans la première salle. Située au Musée des beaux-arts de Montréal depuis le 24 septembre, cette exposition regroupe 220 œuvres de l’artiste, dont une quarantaine de peintures rares. Comme l’indique la phrase ci-dessus, les tableaux du peintre allemand sont à son image, ils représentent sa vision du monde à son époque : un monde bouleversé par les guerres et la laideur intérieure de l’être humain.

L’exposition est découpée en différentes pièces, chacune représentant un passage de la vie de l’artiste. La première, et pas des moindres, s’appelle La Tranchée. Elle marque les trois années que l’artiste aura passées dans les tranchées, durant la Première Guerre mondiale. On y découvre des dessins, des croquis représentant l’horreur du combat avec, tout de même, une pointe d’humour, manière de l’artiste de montrer le ridicule de cette guerre.

Une autre salle particulière : celle du Bordel. Comme son nom l’indique clairement, la plupart de ces tableaux représentent des prostituées, qui pour Dix sont très emblématiques de la Guerre et de la décadence qu’elle amène. Surtout dans la période d’entre-deux-guerres. Dans ces œuvres-ci, il rejette tous les canons esthétiques, en peignant des femmes aux visages et aux corps entièrement en désaccord avec les modèles de perfection féminine déjà d’actualité. Ce qui choque surtout est la tranche d’âge qu’il utilise dans ses peintures. Il n’y en a pas. On peut apercevoir une jeune fille d’une douzaine d’années nue, puis à ses côtés une vieille dame et plus loin une femme enceinte.

Dix représente tout ce qu’il voit : des scènes de la vie, des gens de classes sociales différentes… Au commencement de la Seconde Guerre mondiale malheureusement, il est considéré comme un « dégénéré ». Cet artiste parfaitement anti-guerre est alors contraint à l’exil avec sa famille au bord d’un lac. La plupart de ses tableaux sont sortis des musées, vendus ou bien même détruits. Il va donc alors passer son temps à peindre des paysages beaux, réalistes et colorés, ce qui changera de ses dessins sur les tranchées.

La visite est finie. Il y avait bien sûr d’autres salles, avec encore d’autres tableaux, mais le but n’est pas de parler de tout ce qui a été vu, car sinon vous n’auriez pas la surprise de la découverte! Pour finir, une phrase de Dix permet de comprendre pourquoi il a peint de cette manière : « En regardant les peintures plus anciennes, j’avais l’impression qu’il y manquait quelque chose de terrible, le laid. » Peindre le laid, n’est-ce pas quelque chose de beau? À vous de voir. Bonne visite!





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