Derrière leur masque, Danger et Cascadeur nous ont fait vibrer !
Entre pluies diluviennes et soleil brûlant, le printemps fait défiler à Montréal une série incroyable de festivals en tous genres. Au cœur de la frénésie musicale, L’Intérêt revient sur deux concerts d’exception : celui de DANGER à la SAT et celui de CASCADEUR au Théâtre de Quat’Sous.
4h30, 11h30, 14h54, 22h39… DANGER, le temps d’un concert.
À peine le festival Mutek achevé, la SAT accueillait samedi 9 juin 2012 DANGER, un DJ d’origine lyonnaise (France) âgé de 26 ans, qu’on annonce comme le prochain Justice ou Daft Punk.
Passionné des jeux vidéo, DANGER s’en inspire largement pour sa musique et ses visuels. Tout vêtu de noir et caché derrière un masque, où seuls de grands yeux blancs lumineux ressortent, le DJ incarne un personnage fortement inspiré du mage dans le jeu Final Fantasy.
Pourquoi DANGER ? Frank Rivoire – de son vrai nom – explique que dans la société, marquée par le terrorisme et les faits divers, le mot danger est omniprésent. S’appeler ainsi était donc un bon moyen d’avoir de la promotion gratuite et permanente partout dans le monde…
À la SAT, sous sa grosse veste et derrière son sobre masque, DANGER reste peu bavard. Le public focalise alors son attention sur le spectacle purement musical et lumineux qui se dégage de la scène. Posé sur un piano à queue, le matériel de mixage lance alors le ton de la soirée : atmosphère envoutante, où le rouge et le noir dominent, et rythmes mélodieux à saccadés.
Personne n’a attendu la deuxième chanson pour être en transe. Les mains se lèvent, des corps se soulèvent aux dessus des autres et les visages aux yeux fermés s’hypnotisent et s’harmonisent. Incroyable, comme ce son en live ramène à nous l’énergie dépensée durant la semaine! L’apothéose arrive bien sûr sur les titres les plus attendus – tels que 11h30, 4h30, 88h88. La salle ne fait qu’une avec le DJ.
À la sortie du concert, deux frères, bretons, hystériques, déclarent avoir assisté à une performance unique, où la signature DANGER n’a pas faibli.
Aperçu du concert: Danger à la SAT le 9 juin 2012
« Un cascadeur, c’est justement quelqu’un de très prudent et qui dure.»
C’est dans une ambiance bien plus intimiste, que CASCADEUR a eu le privilège de se représenter trois soirs d’affilés (du 28 au 30 juin) au petit Théâtre de Quat’Sous, à l’occasion du Festival de Jazz de Montréal 2012.
Seul sur scène, auprès d’un piano acoustique et sous un grand écran carré, CASCADEUR présente, pour la première fois à Montréal, son premier album sorti il y a un an, « The Human Octopus ». Entre chaque morceau, cet artiste aux mille talents – auto-producteur, interprète, compositeur, pianiste – nous raconte des histoires, fait de l’humour et surtout beaucoup d’autodérision. Enfilé dans une grande combinaison noire, le personnage se dit avoir 15 ans et entame une courte discussion avec le petit garçon assis au premier rang.
On sent une grande timidité et un peu de maladresse se cacher derrière ce masque aux allures de dragon chinois. Pourtant l’artiste est en parfaite maitrise sur chacun de ses titres, qu’il refaçonne pour la soirée. Tout au long du spectacle, se succèdent – en plus du piano – une panoplie d’instruments étranges, venue tout droit du monde de l’enfance ou celui des extraterrestres.
Si les images diffusées à l’écran accrochent le regard, notre ouïe, elle, ne manque aucune vibration de la voix translucide mi-homme/mi-femme de l’artiste. Absorbé par cette puissance vocale, d’une justesse inouïe, chacun reste scotché à son beau fauteuil rouge, presque bouche bée. Cette musique inspire et émeu. On se sent fort, vivant, heureux.
Le spectacle dure et personne ne semble vouloir partir. Le public connecté à l’univers de CASCADEUR finit même par se lever pour danser sur les dernières mélodies. À la fin du concert, une amie de l’homme masqué rejoint la scène. Ensemble, ils improvisent, de manière très jazzy, un joyeux dialogue de « Good Bye » repris en cœur par la salle.
En quittant le Théâtre de Quat’sous, on retrouve rapidement le bruit des voitures, la densité d’étudiants sortant sur St Laurent et cette chaleur estivale. Pourtant, pendant quelque minute notre esprit reste rêveur, comme si ce concert n’avait été qu’un magique enchantement.
Aperçu du concert: Cascadeur au Festival de Jazz Montréal 2012
