Black Tiger Sex Machine & Kannibalen Records, à la conquête de la nightlife montréalaise, et plus si affinités…
A l’occasion de la sortie du dernier EP de Dabin, nouveau poulain de l’écurie Kannibalen Record, L’Intérêt a rencontré les 3 djs de musique Electro et Club House à l’origine du trio Black Tiger Sex Machine, fondateurs de leur propre label et cerveaux des soirées à thème Kannibalen au Belmont.
En quelques mots, pouvez-vous nous parler du concept BTSM?
Quand on a commencé, pour nous c’était important que cela ne se limite pas qu’à de la musique. On considère que c’est plus intéressant pour la personne qui consomme de rentrer à travers la musique dans un environnement. Nos premières influences ont été les Daft Punk avec leurs casques et Justice avec leur croix illuminée, comme eux on voulait réussir à recréer un univers. Pour cela, on se concentre pour l’instant sur les casques de tigres noirs comme nous avons montré à Igloofest, un show original sur 4 tables tournantes et, pourquoi pas à l’avenir, une série de séquences vidéo dans le genre d’Interstella 555 (film composé à partir de clips des Daft Punk).
Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur l’esprit de ces fameuses soirées Kannibalen?
Kannibalen a été créé indépendamment à l’origine. Le concept était d’inclure vraiment le public en lui permettant de se déguiser et de se maquiller selon ses envies à partir de la thématique tribale, davantage que cela se faisait dans les soirées d’artistes internationaux à Montréal. Les gens sont un peu les héros de la soirée, ils votent pour la thématique, font partie d’une sorte de tribu. On essaye de créer un lien un peu plus direct, de casser cette frontière entre le public et les DJ.
L’évènement se veut super familial. Tout le monde peut venir et est accepté sans jugement quel que soit le background et la provenance. Les gens viennent avant tout pour écouter de la musique et s’amuser. On ne met pas de l’avant le coté trash et décalé donné par les déguisements « rouge sang » supposés par le thème des « cannibales ». On veut surtout que le public se sente à l’aise de venir. Les promoteurs qui font venir des grands artistes internationaux se basent avant tout sur le nom. Nous cherchons à travers Kannibalen à offrir un artiste mais aussi une ambiance, ce que ne proposait pas forcément Montréal auparavant. On utilise aussi la soirée pour pousser les artistes du label, c’est donc l’occasion de jouer beaucoup de musique de Kannibalen Records. Idéalement, on aimerait par la suite exporter nos artistes à l’internationale en lançant une tournée Kannibalen dès que la demande sera suffisante. Mais pour le moment, on essaye surtout de pousser de la bonne musique.
Comment vous est venue l’idée du label? Par désir d’indépendance?
Au début, nous n’avions pas vraiment en tête de faire ça. Au fur et à mesure, on s’est rendu compte que pour la musique que nous voulions faire, on préférait avoir le contrôle sur l’ensemble. Cela ne signifie pas pour autant posséder son propre label pour produire essentiellement sa propre musique. Quand on a créé Kannibalen, on s’est dit que l’évènement se répèterait jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de demande. Là nous est venue une idée. Pourquoi ne pas transférer les gens qui participent aux Kannibalen vers l’écoute musicale de son provenant d’un label relié à celles-ci? Le label est une sorte de passerelle entre nos soirées et la musique que le public peut y entendre. Concernant les artistes qui le composent, on cherche vraiment à créer une sorte de communauté pour faire émerger un esprit d’entraide et de création. Tout le monde y gagne, on s’échange notre savoir selon notre expérience.
« Nul n’est prophète dans son pays », Montréal est une ville dense d’un point de vue musicale, comment êtes-vous parvenus à un tel succès malgré la densité de l’offre?
Montréal reste une ville de taille moyenne, il y a moins de monde qu’à Los Angeles, Londres ou Berlin, donc moins de compétition. On s’est donc plus ou moins retrouvé dans une position de force car on faisait partie des rares à proposer des évènements thématiques. Kannibalen nous a permis dans un premier temps de prendre plus de notoriété en ville mais ce n’est jamais acquis à Montréal. Tout peut tomber du jour au lendemain. On essaye d’innover à chaque évènement Kannibalen. Mais, même si nous sommes en position de force, c’est peut-être plus difficile de percer parce qu’on vient de Montréal. C’est une ville qui s’ajuste un peu en fonction de ce qui se passe ailleurs, qui est très artistique mais percer en dehors de Montréal c’est une autre game. Si on avait utilisé la même formule à Los Angeles, nous pensons que cela aurait pris une ampleur internationale plus rapide.
Montréal est reconnue comme étant une ville très artistique mais qui ne s’exporte pas tant que ça. On n’a pas la même influence sur le plan de la musique électronique qu’ont de grandes villes comme LA ou Berlin. C’est une sorte de vitrine. Pour faire une percée à l’étranger c’est vraiment différent, il y a le talent, les connections, l’image, la personnalité de l’artiste…
Vous parlez de Montréal comme une ville à part, comment la décrieriez-vous sur le plan artistique?
C’est une ville entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Les gens adoptent très rapidement les nouvelles tendances mais les abandonnent aussi à la même vitesse. En particulier pour la musique underground et émergente. Le marché des spectacles est vraiment très ancré à Montréal, le succès des évènements dépend aussi beaucoup de la promotion faite autour de ceux-ci. Un bon promoteur peut vraiment donner la tournure qu’il veut à un évènement. Montréal reste une métropole très ouverte sur la musique, il existe des sous-cultures vraiment pour tous les courants. Cela est dû aussi au fait qu’il y ait beaucoup de jeunes provenant des universités. Il y a un gros public, ce qui permet de faire vivre des évènements uniques au monde comme les Piknik ou Igloofest. La qualité de vie est vraiment très bonne pour les artistes.
Merci à Julien, Patrick et Marc-André pour cet interview!
[blockquote]Black Tiger Sex Machine « Drama »
Liens BTSM
www.facebook.com/official.btsm
www.soundcloud.com/blacktigersexmachine
www.blacktigersexmachine.com
Liens Kannibalen Records
www.facebook.com/Kannibalen.Records
www.soundcloud.com/kannibalenrecords
www.kannibalenrecords.com [/blockquote]
