Confessions nocturnes d’une féministe

Assieds-toi faut que j’te parle.

En écrivant mon dernier article (que tu peux lire ici), je dois avouer que j’avais certaines craintes. La crainte, entre autres, que certaines personnes m’identifient maintenant comme une féministe extrémiste énervée. Et là, je me suis dit : « Au pire on s’en fou de ce que le gars ou la fille dans ton cours de socio pense de toi. »

Je me suis vite rendue à l’évidence que non, je m’en fou pas du tout, parce que je veux bien paraître aux yeux de tous, mais surtout, parce que j’ai peur que cette étiquette empêche certaines personnes de m’écouter.

Selon moi il y a deux visions de ce qu’est être féministe :

1-Être pour l’égalité homme femme.

2-Être une femme (lesbienne ou frustrée ou les deux de préférence) brûlant ses brassières, qui ne se rase pas, qui déteste le sexe masculin et qui souhaite assister à son extinction.

J’espère que je n’ai pas à préciser que je me reconnais un peu plus dans la première définition… Mais bon, juste pour être certaine, voilà c’est dit je suis féministe et je ne brûle pas de brassière (ça coûte beaucoup trop cher). Je ne souhaite pas non plus voir tous les hommes autour de moi être réduits en poussière. Qui va pouvoir tuer les araignées chez moi et changer mes ampoules sinon !?!?!

Parlant d’hommes, j’aimerais juste préciser que je suis convaincue qu’il y a plus de femmes limitées par le féminisme que d’hommes.

Je m’explique. Je ne peux pas me mettre à la place des hommes comme le fait si bien Queen B dans sa chanson if i were a boy, mais de ce que je vois autour de moi, j’ai l’impression que beaucoup plus de femmes que d’hommes se jugent entre elles et sont limitées dans leur actions. Pour pas paraître trop intenses, pour pas avoir l’air trop « filles faciles », pour pas faire honte au progrès que toutes les Simone de Beauvoir de ce monde ont fait pour les femmes. Pour pas régresser.

Bien sûr les gars aussi ont un « moule » à respecter. Boys don’t cry. Sois sportif. Fort, intello et drôle. Mesure au moins 5’7’’ et aime le hockey. Point bonus si tu peux changer un pneu ou bien faire 50 chin-ups.  Mais ce n’est pas le féminisme qui renforce ça. Au contraire, le féminisme c’est l’égalité pour tous. Je me répète.

Alors après toute cette réflexion sur le féminisme, pourquoi pas me dire simplement humaniste ou égalitariste, comme c’est beaucoup moins « mal vu ». Et bien, comme dans un questionnaire à choix multiples je choisis d) toutes ces réponses. Le concept du féminisme vient à la base de la simple nécessité de donner de la visibilité aux femmes à une époque où elles n’en avaient pas. (Par pas, je veux dire zéro, comme aux yeux de la loi elles étaient sous la tutelle de leur mari ou de leur père.) Personnellement, j’aime mieux me dire féministe qu’humaniste ou égalitariste parce que c’est le lien que j’ai avec ces femmes et ces hommes qui me permettent maintenant d’aller voter, d’avoir un compte en banque, un choix de métier plus large qu’infirmière, enseignante ou secrétaire et qui me permettront peut-être un jour de briser le plafond de verre. C’est un peu ma façon de leur dire merci.

Là tu te demandes sûrement ou je veux en venir avec tout ça ? Je veux juste te faire réfléchir quelques secondes, voir minutes.

Et ce qui serait vraiment goals ça serait que, peu importe ton sexe, peu importe que tu sois féministe/égalitariste/humaniste, t’aies envie de brûler une brassière la prochaine fois que tu entends quelqu’un à la télé poser sérieusement la question : Est-ce qu’être un homme blanc en politique est un handicap ?

PS: C’tune blague brûle pas de brassière, donne-la moi.

PPS : Si t’es un gars et que t’as peur que je te vole un emploi qui te « reviendrait » et bien sorry not sorry mais you better work bitch.

PPPS : Pour un petit dictionnaire du féminisme pas trop lourd clique ici.

PPPPS: je garde le meilleur pour la fin, clique ici 🙂

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