Chronique: Le sexisme banalisé en école de commerce

L’article suivant n’est pas à visée conflictuelle, provocante ou même polémique.

Quand on parle de « sexisme au travail » on pense à l’écart de salaire entre hommes et femmes à ancienneté et poste égaux. Cependant il y a un sexisme beaucoup moins justifié et qui semble faire partie de la culture des écoles de commerce.

Aujourd’hui je voudrais parler du sexisme qui existe mais que l’on ne perçoit pas.

Car c’est en ayant conscience des choses qu’on les perçoit.

Prenons pour illustrer mes propos, le célèbre tableau La trahison des images de René Magritte. A priori, lorsqu’on se poste devant le tableau, nous voyons une pipe. Pourtant, le peintre nous ramène à la réalité en nous avisant qu’il s’agit en fait de sa représentation. Ce que j’essaye de dire c’est que par exemple, sous une blague sexiste se cache en fait un réel sexisme qui nous trahi en se cachant sous l’image d’une blague.

Toute femme subi le sexisme. Souvent, elle ne le sait pas parce que ce phénomène est accepté banalisé dans la société.

 

Et si nous allions droit au but ?

Lors d’un cours, alors qu’il reste quelques minutes avant la pause, le professeur, afin de donner une touche « d’humour » au cours, nous passe une diapositive représentant deux schémas : un de la pensée d’un homme, un de la pensée d’une femme avant d’aller boire un verre. Celui de l’homme est composé d’un pictogramme masculin relié à une bière par une simple flèche. Le schéma de la femme part d’un pictogramme féminin dont partent environ 8 flèches menant vers 8 vêtements différents, menant eux-mêmes à 8 paires de chaussures pour finalement arriver à 8 cocktails différents. Outre le fait de réduire les hommes et les femmes à de simples boissons, cette diapositive est lourde de sous-entendus. Les femmes sont frivoles, compliquées, voire même « prises de tête ».

Peut-être qu’effectivement, les femmes aiment prendre soin d’elles et c’est tout à leur honneur. Cependant cela n’affecte en rien leurs capacités de leadership, leurs compétences en prise de décisions. Or d’après ce schémas « humoristique », l’homme semble plus apte à prendre une décision sans passer par 8 chemins.

Ma question c’est : pourquoi ? POURQUOI partager une telle image dans un cours de gestion, dans une école de commerce renommée ?

capture                                                                                   Voici le PowerPoint en question

Quelques jours après cet événement, je me retrouve à faire équipe, dans le cadre d’un projet, avec quatre garçons. On procède donc à un brain-storming auquel je tente de prendre part. Soudain, un membre de l’équipe, me voyant un peu intimidée et essayant de m’insérer davantage dans le groupe me demande si je veux m’occuper du dessin du logo. Tout de suite je me suis rendu compte que parmi tous les membres de l’équipe, c’est à la seule fille qu’il proposait la tâche la moins intellectuelle. Pour certains, ça peut-être de la paranoïa de ma part, mais je me suis réellement sentie vexée. L’intention était bonne, mais pourquoi ne pas simplement me demander mon avis sur une question ? ou me proposer de réfléchir à la suivante ? et pourquoi ne pas demander à l’ensemble de la table « qui veut s’occuper du logo ? ».

Après ce bref retour aux années 50, je voudrais rajouter qu’évidemment, le sexisme ne s’applique pas seulement, ni surtout aux écoles de commerce.

Cependant, ce sujet me tient particulièrement à cœur car il s’agit de la crédibilité et de l’intégrité des femmes face à un public généralement masculin. Ces messages subliminaux sous-entendent que les femmes sont incapables d’être à la tête d’une société puisqu’apparemment bien trop occupée à choisir quelle tenue ira avec quel cocktail…

Ne serait-ce pas venu le temps de s’indigner contre les stéréotypes et les réflexions sexistes nauséabondes

PS : Parce que le sexisme, ça se construit, lire aussi cet article!

 

 

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