Black History Month : l’histoire noire au présent et au futur

Le Mois de l’Histoire Noire (Black History Month pour les anglophones), est une célébration annuelle se tenant du 1er février au 1er Mars depuis 1970. Cet évènement a pour but de consacrer les évènements et personnages marquants de l’histoire des communautés descendants de natifs Africains déportés en Amérique de 1619 à 1865. Cette célébration est officiellement reconnue par les gouvernements du Canada et des États-Unis.

Black History Month, pourquoi?

Le Black History Month, à l’instar de son prédécesseur, le Negro History Week (1926), est né de la volonté d’intellectuels noirs étatsuniens (le premier étant le l’historien et diplômé d’Harvard Carter G. Woodson) de faire reconnaitre les accomplissements de la communauté noire aux Etats Unis et rendre hommage à ses grands Hommes. Ainsi, c’est pour répondre à un besoin de représentation et de reconnaissance qu’est née cette célébration.

Mais pourquoi février ? Tout simplement parce que ce mois correspond aux dates d’anniversaire de deux personnages importants dans l’histoire de l’abolition de l’esclavage aux États-Unis.  Il s’agit des anniversaires de Fréderic Douglass et de l’ancien président des États-Unis Abraham Lincoln. Le premier est un abolitionniste noir américain ayant vécu l’esclavage et étant devenu célèbre pour ses talents oratoires et ses écrits anti-esclavagistes. Abraham Lincoln a quant à lui promulgué la proclamation d’émancipation (emancipation proclamation) qui abolit l’esclavage sur l’ensemble des États confédérés des États-Unis en 1863.

Au Canada …

Au Canada, le Mois de l’Histoire Noire a été pour la première fois reconnu officiellement en décembre 1995 par la Chambre des communes suite à une motion présentée par Jean Augustine, première femme afro canadienne élue au Parlement du Canada.

Ensuite, en février 2008, Donald Oliver, premier homme noir élu au Sénat canadien, a introduit une motion visant à reconnaitre les contributions des Canadiens noirs et le mois de février comme le Mois de l’Histoire Noire. Depuis, cette célébration est reconnue et honorée par le Canada.

Pourtant, peu de gens savent que même sur le territoire canadien, des Noirs ont été réduits en esclavage. En effet, il y a en 1629, la première trace écrite du premier esclave noir, un enfant d’à peu près 6 ans, arrivé de Madagascar ou de Guinée sur le territoire du Canada. Depuis, des millions sont arrivés jusqu’à l’abolition de l’esclavage dans toute l’Amérique du Nord Britannique en 1834.

«Avoir un comité qui me montre des Noirs dans le monde des affaires, leurs parcours, leurs réussites, c’est très motivant !»

Saoudiatou Ganiou, VP Marketing du comité organisateur du mois de l’histoire des Noirs au HEC

… Au HEC Montréal aussi, ça fait jaser !

Pour la rédaction de cet article, j’ai eu la chance de rencontrer deux membres du comité organisateur du mois de l’histoire des noirs de HEC (comme moi, passionnées par la culture noire) : Saoudiatou Ganiou , VP marketing et Yvette Ingrid Mejo MObam, présidente du comité.

Ce comité, créé en 2020, est l’initiative de plusieurs étudiants et employés de l’école qui souhaitaient célébrer et sensibiliser la communauté des HEC Montréal aux réalités des communautés noires. Depuis, 3 éditions ont vu le jour et cette année, le comité est revenu avec deux activités : accès à la gouvernance et femmes en affaires. Bien que partageant le même intérêt pour le comité, les deux jeunes femmes l’ont rejoint pour des raisons différentes.

Pour Saoudiatou, il fallait répondre au besoin d’augmenter la représentation actuelle des personnes noir.e.s aux HEC. Mieux, il fallait montrer à ceux qui sont là, qu’aux HEC, il y a une communauté noire qui mérite d’être mise en avant. Pour elle c’était aussi personnel : « toute ma vie, j’étais la seule personne noire, avoir un comité qui me montre des Noirs dans le monde des affaires, leurs parcours, leurs réussites, c’est très motivant !» ; et c’est peu de le dire !

Yvette, elle, plus que la sous-représentation, voulait que, comme elle, les autres soient fiers de leur couleur de peau en tant qu’identité ; en somme que toutes les communautés noires «puissent célébrer et prendre conscience de leur plein potentiel». Ces mots sont très lourds de sens car selon les résultats du sondage volontaire de l’école réalisé en 2021, 10% des étudiants sont d’origine africaine. Ainsi, les personnes afro descendantes constituent une minorité qui a soif d’être justement reconnue et représentée dans les différentes sphères de l’école. Il s’agit pour elle de souligner les accomplissements des personnes des communautés noires. Elle souhaite ainsi inspirer et outiller les étudiants à travers des témoignages et des conseils donnés lors des évènements organisé par son comité.

Que ça soit pour créer un « sentiment d’appartenance » selon Saoudiatou, ou pour « inspirer » selon Yvette, la célébration du mois de l’histoire des noirs, est primordiale pour contribuer à la représentation et à l’éducation autant des communautés noires que de toutes les autres.

L’image ci-dessous présente les co-fondateurs soit : Bertin Nyouvop​, Marjorie Lamarre​ Daphné Bélizaire​, Isabelle St-Louis​, Feven Ghebremariam​, Jogral Jean, Thimoléon N. Guesta​, Ahinnewa Evelyne Yeboua Maelys Adom​, Eunice Lagoye​, Chloé Saintesprit​. Les co-fondateurs absents de la photo sont Dimitris Giamos et Edwige Lafortune​.

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