Une province qui tombe en lambeaux
L’effondrement des 25 tonnes de béton provenant du tunnel Ville-Marie en 2011 est venu s’ajouter à celui du viaduc de la Concorde à Laval (faisant cinq morts) et à la désintégration graduelle des ponts et de l’échangeur Turcot. Les gouvernements ont longtemps retardé l’investissement pour maintenir les infrastructures québécoises en bon état puisque ce n’était pas une dépense populaire, n’étant pas visible à court terme. De plus, l’utilisation des infrastructures est un grand problème auquel il faut remédier. Les ingénieurs civils savent très bien que le sel de déglaçage appliqué sur les infrastructures de béton armé entraine sa corrosion et que les camions lourds qui passent par centaines transforment toute craquelure en nid de poule. Des pistes de solutions sont à l’essai pour notamment retarder l’effet de corrosion et faire payer les utilisateurs des ponts, voyons ce que cela apportera!
Toujours et encore les gaz de schiste!
On sent un empressement non dissimulé de la part des investisseurs de l’industrie et du gouvernement provincial quant à l’exploitation des gaz de schiste. Dans notre contexte économique, il est assez aisé de comprendre que l’exploitation d’une ressource naturelle s’apparentant à l’or noir soit accueillie à bras ouverts. En effet, cela signifierait que le Québec deviendrait un « modèle » d’activités économiques à l’image de l’Alberta et de ses très polluants sables bitumineux. Quelques facteurs importants ont cependant fait réagir les citoyens afin de ralentir cette euphorie un peu précipitée face à cette ressource. Pour extraire les gaz de schiste, les entreprises doivent projeter de l’eau, du sable et des produits chimiques à haute pression dans la couche de schiste afin de fracturer cette dernière et libérer les gaz qui sont recueillis dans un puits. Il a été démontré que plusieurs puits d’exploration déjà creusés ont des fuites de gaz émanant dans l’air. De plus, un chercheur albertain a récemment trouvé une nappe phréatique contaminée par un puits d’exploration. Bien qu’un moratoire ne soit pas encore établi pour prendre le temps de savoir comment bien exploiter cette ressource, le mouvement citoyen qui surveille chaque fait et geste de cette activité a de quoi nous rassurer.
L’ile d’Anticosti dans la mire d’une industrie pétrolière
Des entrepreneurs québécois ont fondé en 1999 la compagnie Junex qui a pour mission d’évaluer et d’exploiter le potentiel en gaz naturel et pétrolier du Québec. Ayant acheté 669 235 hectares en permis pour l’exploitation pétrolière, ces derniers ont découvert des réserves très lucratives aux abords des Côtes de la Gaspésie et sur l’ile d’Anticosti. Au-delà des craintes de catastrophes écologiques, il est à se demander si les seules chances de développement économique au Québec se résument à l’exploitation de cette ressource qui rend tout le monde si captif.
Pipeline Keystone : Un pas de plus pour la tyrannie du pétrole?
Ce projet d’oléoduc de 2700 km aurait transporté les produits raffinés des sables bitumineux d’Alberta pour alimenter six États américains en plus de créer d’innombrables emplois. Voilà qu’au mois de novembre, le président Obama met ce projet en suspens, concédant les inquiétudes des citoyens quant à leur sécurité et leur santé dans l’aménagement de l’oléoduc. La décision est reportée en 2013, après les élections américaines. Il sera très intéressant de suivre le développement de cette affaire notamment avec un président qui, à l’époque de son poste de sénateur, avait déclaré que nous devrions être « la génération qui se libère de la tyrannie du pétrole ».
Le Plan Nord
Ce plan de développement prometteur suscite de l’inquiétude à bien des égards. Comme Marc D. Lachapelle l’a déjà mentionné dans notre journal, nos ressources minières sont bien présentes et ne disparaitront pas dans les prochaines années. L’empressement dont le gouvernement fait preuve dans l’exploitation des ressources est préoccupant. Qui exploitera ces ressources et à qui seront versés les bénéfices? Allons-nous payer des infrastructures couteuses de la poche des contribuables pour que ce soit les entreprises étrangères qui s’en mettent plein les poches? Un autre grand dossier à surveiller en raison de la haute importance des ressources naturelles dans notre potentiel de développement économique.
Le Canada se retire du protocole de Kyoto
Le 12 décembre dernier, le gouvernement Harper se retirait des 37 pays signataires qui s’étaient engagés dans la lutte contre les gaz à effet de serre. Peter Kent a déclaré qu’un protocole qui n’est pas imposé aux pays émergents n’est pas acceptable et que la cible fixée demandait « des gestes radicaux et irresponsables, qu’il faudrait enlever de la circulation toutes les voitures et camions sur les routes ». Bien que je sois d’accord avec l’idée qu’un mouvement collectif doit englober tous les pollueurs de la planète, je crois que M. Kent se trompe de cible lorsqu’il prétend que les voitures devront disparaitre. La problématique du transport est sans aucun doute cruciale, mais c’est au niveau des industries que nous devons intervenir.
Il reste de l’espoir…
Bien que tous ces évènements nous donnent l’impression que nous ne faisons que reculer en matière de développement durable, il faut garder en tête que nous connaissons mieux nos enjeux et nos ressources. Les citoyens sont de plus en plus conscients de ces enjeux et se mobilisent. Pour en savoir plus sur les perspectives d’avenir qu’offre le Québec, lisez mon prochain article.

