2 filles d’HEC à la conquête du désert marocain

Tout commence avec Ariane. Très jeune, elle a eu la piqûre grâce à son grand père, amateur de voitures anciennes. Dès l’âge de 14 ans, elle regardait les voitures et rêvait du moment où elle passerait son permis pour enfin avoir la chance d’un jour, s’inscrire au 4L Trophy. Mais, l’année de prépa en France ainsi que le déménagement au Canada par la suite demandèrent beaucoup de temps, l’idée de s’inscrire disparaissait peu à peu. Or, c’est en d’août dernier que dans une soirée, Ariane racontait son histoire à des amis. En l’entendant, Adélaïde, qu’elle connaissait seulement de nom, a dit du bout de la pièce : « Si tu veux t’inscrire, j’embarque avec toi. ». Ariane n’y a pas cru tout de suite, car les gens sont souvent intéressés, mais se dégonflent rapidement lorsqu’ils apprennent l’ampleur de la compétition et des tâches à accomplir. La semaine suivante, elles formaient leur équipe. Commençait l’aventure des Caribous!

L’édition 2018 du 4L Trophy se tiendra officiellement du 15 au 25 février. Départ à Biarritz, arrivée à Marrakech, cette folle course de plus de 6000 kilomètres dans le désert se veut, tout d’abord, un geste humanitaire. En plus de devoir s’entraider pour avancer, par exemple lorsque les voitures sont ensablées ou lorsque des problèmes mécaniques surviennent, les équipes embarquent à bord de leur 4L des fournitures scolaires afin de les offrir aux communautés marocaines les plus pauvres. C’est non seulement une mission humanitaire, mais aussi, un énorme défi personnel. L’an dernier, ce sont plus de 2900 participants issus de 1460 écoles différentes qui ont participé à la course.

Le duo composé d’Adélaïde Morillot et Ariane Pluquet fait partie de ce qu’on pourrait appeler la génération Trophy, puisqu’elles ont toutes deux 21 ans et que se tient cette année la 21e édition de l’évènement. Elles ont grandi avec autour d’elles des gens qui participaient (ou du moins des gens qui connaissaient d’autres personnes qui participaient!), année après année, au périple. Bien que le rallye soit plutôt méconnu au Canada, ce dernier est très populaire en France, particulièrement dans les écoles de commerce et les écoles d’ingénierie.

 

Techniquement, comment ça marche?

Premièrement, elles ont dû acheter une voiture. C’est une des particularités du 4L Trophy, en comparaison à d’autres courses similaires telles que Trophée Rose des Andes et l’Argentina Trophy où les participants louent généralement les véhicules. La leur a fêté son 30e anniversaire le 20 janvier dernier. Ainsi, l’âge de la voiture représente un défi supplémentaire, au niveau technique.

Avides de plus de défis, elles ont effectué toute la préparation en environ 6 mois, alors que les participants se préparent habituellement pendant 1 à 2 ans. Mais le plus difficile, ce n’est pas ce court délai, mais bien d’avoir fait le tout à distance. Puisque la course est énormément connue en France, il est relativement facile d’attirer des commanditaires : il suffit de leur promettre un emplacement de logo sur la voiture, et le tour est joué. Par contre, en étant au Québec, c’est bien différent. Offrir un emplacement de logo à une compagnie québécoise sur une voiture qui circulera strictement en Europe et en Afrique… pas si alléchant. C’est pourquoi elles ont dû être inventives et trouver d’autres moyens de financement. Elles ont réussi, entre autres, à faire un partenariat avec un bar bien connu d’ici ainsi qu’une boutique de vêtements en ligne, où elles recevaient un pourcentage des ventes chaque fois que quelqu’un utilisait leur code promo. De plus, elles ont aussi pu aller chercher le soutien d’HEC Montréal, en obtenant la bourse de leadership féminin octroyée par le SAE, ainsi que la bourse de Développement Durable, en lien avec les fournitures scolaires qui seront distribuées aux jeunes marocains. Elles sont également épaulées par les comités AIDAe et VISA.

Comme si le rallye ne demandait pas déjà assez d’organisation comme ça, elles ont décidé d’organiser un pré-départ le 13 février, à Charbonnières-les-Bains, la ville où habitent les parents d’Ariane. Là-bas, seront réunis familles et amis ainsi qu’une vingtaine d’autres équipes afin de célébrer à la veille du grand départ.

Une fois la course commencée, elles seront complètement indépendantes jusqu’en Espagne. Ensuite, elles prendront un traversier jusqu’au Maroc. Puisque leur voiture est de type berline, elles devront dormir dans une tente. Si tout va bien, elles franchiront la ligne d’arrivée le 23 février.

 

De quoi ont-elles le plus hâte?

Elles ont hâte de voir l’ambiance de solidarité entre les participants et de rencontrer les autres équipes. Oui, il s’agit d’une « course », mais peu d’équipes sont là pour arriver les premiers. Le but ultime, c’est de repousser ses limites, autant pendant le raid que pendant la préparation.

 

Ce qu’elles appréhendent?

Passer les contrôles techniques, pour vérifier que l’auto est bien en règle et qu’elles peuvent partir. Une fois que ce sera fait, ce sera un gros soulagement pour elles. Sinon, simplement passer la ligne d’arrivée reste le défi à atteindre pour le duo.

 

Encore aujourd’hui, quand elles parlent de leur projet, les gens continuent à les décourager et ne pas croire qu’il est possible de relever un aussi gros défi. Mais elles sauront les détromper.

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Au nom de toute la communauté d’HEC, on leur souhaite le meilleur des succès dans cette merveilleuse aventure!

 

Si vous voulez les encourager, n’hésitez pas à les suivre sur les réseaux sociaux.

 

 

 

 

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